SUR SA DEMANDE (Q
Monsieur le Ministre,
« Les v égétaux puisent dans l’air qui les environne, dans l’eau et en général dans le règne minéral, les matériaux nécessaires à leur organisation.
« Les animaux se nourrissent ou de végétaux, ou d’autres animaux qui ont été eux-mêmes nourris de végétaux, en sorte que les matières qui les forment sont toujours, en dernier résultat, tirées de l’air ou du règne minéral.
« Enfin la fermentation, la putréfaction et la combustion rendent perpétuellement à l’air de l’atmosphère et au règne minéral les principes que les végétaux et les animaux en ont empruntés. Par quels
procédés la nature opère-t-elle cette merveilleuse circulation entre les trois règnes ? »
Ces paroles, Monsieur le Ministre, textuellement extraites d’un papier posthume qu’une main pieuse a trouvé dans les manuscrits de Lavoisier (*), font connaître avec une admirable netteté les trois termes du grand problème de la perpétuité de la vie à la surface de la terre. Les deux premiers forment l’unique objet des travaux de la physiologie moderne. Quant au troisième, c’est-à-dire, pour me servir des paroles de Lavoisier, le retour perpétuel à l’air de l’atmosphère et au lègue minéral des principes que les végétaux et les animaux en ont empruntés, c’est un sujet d’études qui a été à peine abordé.
Je suis presque confus, Monsieur le Ministre, d’avoir à vous dire que c est celui que j ai. la prétention d’embrasser. Du moins, est-ce à
1. Note manuscrite. Une copie de cette Note est conservée aux> Archives Nationales. Elle a été publiée, au moment du Centenaire de Pasteur, dans le Bulletin de l’Institut Pasteur, t. XXI, n° li, 31 juillet 1923, p. ô37.