‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 30 sur 166 · DE CHLOROPHYLLE · texte numérisé non relu

DE CHLOROPHYLLE

M. Boussingault vient de le rappeler avec la grande autorité qui s’attache à son nom en ces matières : la décomposition du gaz carbonique parla chlorophylle, sous l’influence de la radiation solaire, est le fait capital de la vie végétale. Par l’accomplissement de ce grand phénomène, le cycle de la vie recommence sans cesse. On aurait tort, toutefois, d’admettre que la formation des substances organiques d’ordre supérieur soit nécessairement subordonnée à 1 action de la lumière solaire. Si la radiation solaire venait à s’éteindre, la vie serait désormais impossible pour les grands végétaux, mais elle pourrait se continuer dans certains êtres inférieurs. Les observations verbales, que j’ai présentées dans la séance du 10 avril courant (3), renferment un exemple de culture où l’aliment carboné d’une cellule de mycoderma aceti se trouve être l’alcool ou l’acide acétique, deux produits très éloignés de l’organisation et qu’on peut tirer de réactions chimiques entièrement indépendantes de la radiation solaire.

Par les méthodes que la chimie doit à M. Berthelot, le carbone et la vapeur d’eau, mis en œuvre par la chaleur et par des réactions de laboratoire, peuvent donner lieu à beaucoup de substances capables de servir d’aliments carbonés pour les plantes inférieures. Bien plus, on pourrait concevoir que, sous 1 influence de celles-ci, tout le caibone existant à la surface de la terre ou dans son inteneui passât dans des matières organiques complexes, et qu ultérieurement il fît letoui à l’atmosphère sous la forme d’acide carbonique par des actions d oxydation et de fermentation; c’est seulement lorsqu’on serait arrivé à ce terme que toute manifestation de la vie serait impossible sans le concours de la radiation solaire.

Notre savant confrère, M. Faye, me pose à l’instant une question d’un sens très profond :

1. Comptes rendus de V Académie des sciences, séance du 24 avril 1876, LXXXII, p. 942-

U\. Boussingault. Sur la végétation des plantes dépourvues de chlorophylle. Ibid., p. 939-

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