DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE
Je n’ai aucune autorité, aucune compétence pour suivre M. Bouillaud dans les détails de l’éloquent exposé qu’il vient de présenter a l’Académie (2).
Je demande seulement la permission de faire remarquer, en ayant recours à des observations qui me sont personnelles, que les maladies
1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 15 janvier 1877, LXXXI\,
2. Bouillaud. Note sur la question de la nature et de la contagion de la maladie dite tievre
typhoïde. Ibid., p. 101-106. ( Note de l'Édition .)
les plus contagieuses et les plus infectieuses peuvent ne pas être considérées comme telles par des hommes éminents, tant que les causes de ces maladies sont inconnues.
Avant mes recherches sur la pébrine et la flacherie des vers à soie, on admettait que la maladie des vers à soie n’était ni contagieuse (propagation au contact), ni infectieuse (propagation à distance), mais qu’elle était éminemment épidémique. J’ai démontré, au contraire, que la maladie était tout à la fois contagieuse et infectieuse au plus haut degré, et nullement épidémique, dans le sens qu’on donnait à cette expression ; car il devint bientôt relativement facile d’élever et de maintenir sains des vers issus de graines saines, dans les départements de grande culture qui passaient pour les plus infectés.
C’est précisément sur la connaissance de la contagion et de l’infection que j ai fondé les méthodes pratiques qui ont contribué à relever l’industrie séricicole et dont l’application se répand de plus en plus.
Il en sera de même, on peut l’espérer, de la fièvre typhoïde. La connaissance de sa cause rendra compte et de la facilité avec laquelle elle se propage dans certaines circonstances et de la difficulté de sa contagion dans d autres. Nul doute également que la connaissance de cette cause ne nous éclaire pleinement sur les moyens préventifs de cette terrible afïection. C’est déjà l’opinion fortement motivée de divers médecins, de William Budd principalement et de M. Guéneau de Mussy, dont j ai eu 1 honneur de présenter un récent opuscule sur ce sujet à l’Académie (*).