Voir : Vallin. Revue
à désinfection applicables aux hôpitaux et aux lazarets. d'hygiène, 1879, p. 819. ( Notes de l'Édition.)
Revue
En chacun de ces établissements, la chambre de désinfection, dont les parois seraient très épaisses ou même doubles pour obvier à la déperdition du calorique, offrirait une capacité de 18 mètres cubes (3 mètres de long sur 3 mètres de large, et 2 mètres de hauteur); les linges à désinfecter seraient placés sur des tringles horizontales, ou plutôt sur des claies métalliques superposées ; il serait facile ainsi de les faire glisser de l’ouverture d’entrée al ouverture de sortie à l’aide de bâtons munis de crochets. Les deux cours d arrivée et de départ, correspondant à ces deux ouvertures par l’intermédiaire de vestibules, présenteraient, à elles deux, une superficie totale de 800 à 1.000 mètres.
Quant au mode de chauffage de l’étuve, on peut hésiter entre la chaleur d’un foyer de combustion alimenté par la houille, le coke, le gaz, et 1 échauffement des parois par des tubes renfermant de la vapeur d eau à une température suffisamment élevée.
Ces divers moyens sont également réalisables à Paris; quel que soit celui que l’on adopte, les ingénieurs sauront adapter à l’appareil un régulateur thermique assurant le degré et la constance de la température obtenue, qui devra être de -)- 100° au moins à l’intérieur de l’étuve.
Le chauffage par la vapeur en tubes clos nous paraît cependant offrir un avantage particulier. On pourrait alors adapter au générateur un système de projection directe de douches de vapeur sur des objets que leur volume ne permettrait pas d introduire dans 1 étuve, ou que leur épaisseur obligerait d y faire séjourner trop longtemps. Une douche de ce genre, à l’intérieur du fourgon de transport des objets contaminés, immédiatement après chaque déchargement de ce fourgon, en assurerait l’assainissement avant son retour en ville.
Cei tains objets de literie, comme les matelas, trop volumineux pour etre îapidement pénétrés par la chaleur de 1 étuve, pourraient être ouverts dans la cour d’arrivée, et subir également la projection d’un jet de vapeur surchauffée.
Le four demeurerait donc ainsi réservé à la désinfection d’objets peu épais, comme les linges, les vêtements, susceptibles d’atteindre en quelques minutes le degré de température déterminé.
Conclusions.
— Créer sur deux points opposés de la capitale des étuves de désinfection chauffées par la vapeur d’eau et munies de régulateurs qui en limitent la température intérieure à -|- 100°.
Restreindre absolument l’emploi de ces étuves à la désinfection des effets contamines par les affections contagieuses : fièvre typhoïde, fièvres éruptives, fièvre puerpérale, diphtérie, choléra, etc.
H- — Déterminer par un règlement spécial :
1° La composition, les devoirs et les droits du personnel chargé du fonctionnement et de la surveillance;
2° Les groupes de la population auxquels les établissements s’ouvriraient gratuitement;
3° Le mode de* rétribution des familles qui n’en bénéficieraient qu’à titre onéreux.
C. — Examiner s’il ne conviendrait pas, pour vulgariser plus facilement l'usage de ce système de désinfection, d’affecter spécialement l’un de ces établissements à la population payante, en réservant exclusivement l’autre aux classes qui en auraient la jouissance gratuite.
A ces conclusions, votre Commission vous demande d’ajouter un vœu. Autant son opinion est formelle au sujet de la valeur des mesures qu’elle a l’honneur de vous proposer, et de leur utilité immédiate, autant elle a été réservée à l’égard de leur réalisation pratique : le choix et l’achat des terrains, l’édification des bâtiments, l’organisation des appareils de chauffage constituent autant de questions pour la solution desquelles elle fait appel aux lumières de tous les membres du Conseil, de ceux en particulier que leur haute compétence professionnelle désigne naturellement pour concourir à leur détermination.
Veuillez agréer, M onsieur le Préfet, l’expression de nos sentiments respectueux.