POUR PUSTULE MALIGNE
M. Pasteur dit qu’il n’est pas possible de reconnaître si une viande est charbonneuse sans l’emploi du microscope. Il serait, par conséquent, utile de munir de microscopes les inspecteurs de la boucherie. Dans le Midi, et surtout dans le Gard, l’usage de ces instruments se répand de plus en plus : des femmes et des enfants même s’en servent journellement pour l’examen des papillons de vers à soie.
Séance du 15 fèviier 1878.
[A PROPOS DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE AU LYCÉE SaINT-LoUIS] (*).
M. Pasteur résume l’affaire.
Il ressort clairement de la discussion qu’il existe au lycée Saint-Louis des causes d insalubrité auxquelles il importe de remédier. II faut diminuer l’encombrement; il faut donner aux cabinets d’aisances de nouvelles dispositions ; enfin, les bassins ouverts entretiennent sous les fenêtres des dortoirs une humidité constante : il faut les couvrir. Nous ne pouvons, d’ailleurs, indiquer la source précise du mal : la science ne connaît pas encore la nature de la fi èvre typhoïde, et elle ignore s’il y a des germes...
Quoi qu’il en soit, ajoute M. Pasteur, je crois qu’il est indispensable de prendre au plus tôt les mesures nécessaires. M. le Dr Ilillairet nous a parlé de germes cultivés à l’observatoire de Montsouris, et nous a dit qu’il conviendrait d attendre le résultat des études que poursuit M. Marié-Davy. Pourquoi attendre? Ces études que j’ai commencées, il y a environ vingt ans, sont, à mon avis, encore trop nouvelles pour être introduites dans les discussions d’hygiène. Dans l’examen de leurs résultats, il convient d’être très circonspect; ce sont peut-être encore seulement des apparences de résultats.
En ce moment a lieu à 1 Académie de médecine une grave discussion sur les accidents consécutifs aux grands traumatismes (2). Depuis dix-huit mois, j essaie de voir s’il existe des maladies épidémiques qui relèvent, dans leur étiologie, du développement d’êtres microscopiques, et mes études sont tout spécialement portées sur la septicémie. Je présenterai à l’Académie à ce slljeL je crois, de véritables révélations (3). Je montrerai qu’on peut extraire de 1 air et des eaux les plus salubres en apparence des dangers de mort épouvantables : ces dangers, nous y échappons, parce que la vie, l’état de santé opposent à cet envahissement de 1 organisme microscopique une merveilleuse et providentielle résistance. Mais tout cela est aussi à peine entrevu, et je ne pourrais pas proposer de faire intervenir ici, d’ores et déjà, ces apparences de résultats, comme je les appelais tout à l’heure.
Séance du 19 avril 1878.
[A propos d’un cas d’infection purulente.]
M. Pasteur rend compte d un cas de décès qui vient de se produire à 1 Hôtel-Dieu dans des conditions toutes spéciales. Un incjividu s’était éraillé le pouce sur un fragment de verre qui se trouvait au fond d’un tuyau de
.*• In ; RaPPort général du Conseil d’hygiène publique et de salubrité, 1878-1880. Paris 1884, m-4° ; p. 156-157,
°\ P; 112-130 du tome VI des Œuvres de Pasteur : La théorie des germes et ses
applications a la médecine et à la chirurgie. ( Notes de l'Édition .)
conduite d eaux de lavage de l’hôpital. Par la déchirure, un germe de septicémie s est introduit probablement dans son organisme, et il est mort d infection purulente.
Séance du 2 août. 1878.
[A PROPOS d’un système de conservation de la viande.]
MM. Pasteur et Reytval font connaître le résultat de leurs expériences personnelles concernant la « conservation de la viande » par le système Jourdes, qui a précédemment fait l’objet d’un rapport de M. Peligot. Les résultats ont été favorables, lis sont d’avis qu’on pourrait tolérer la mise en vente clés viandes ainsi conservées, mais ils voudraient que la viande portât une étiquette avec ces mots : « conservé au borate de soude ». Le public, sans cet avertissement, serait trompé sur la nature du produit; ce serait un précédent qu’on pourrait invoquer dans des cas analogues. M. Pasteur avait proposé, pour la même raison, d’exiger que les pois verdis par des sels de cuivre fussent étiquetés avec cette mention.
Séance du 12 décembre 1819-
[A propos du Rapport sur le verdissage des conserves alimentaires