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COMPTE RENDU

DES TRAVAUX DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE LILLE PENDANT L’ANNEE SCOLAIRE 1855-185(5

[Présenté a Douai, le 13 novembre 185(5] (Q

Monsieur le Recteur, Messieurs,

Créée à l’époque où l’enseignement supérieur était modifié dans toutes ses parties, où les seize Académies actuelles étaient constituées

, , "Q • Académie de Douai. Rentrée solennelle de la Faculté des lettres de Douai, de la Ul-^es sciences de Lille et de l'École préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille, loob-loo7. Douai , Inipr. A. d’Aubers, broch. do 52 pages in-8°.

MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES

sur des bases plus larges et plus dignes, où huit Facultés des sciences et des lettres étaient ajoutées à celles qui existaient déjà, la Faculté de Lille a subi le contre-coup des mesures d’économie que nécessitait la mise en œuvre d’une aussi vaste organisation : au lieu de six professeurs, nombre normal des anciennes Facultés, elle n’en eut que quatre. Le nombre des préparateurs et des aides de laboratoire fut restreint dans la même proportion. D’autre part, les modifications administratives que je viens de signaler étaient liées à celles que l’État introduisit dans l’enseignement à tous ses degrés, et vous n’ignorez pas que, dans le décret du 22 août 1854, une disposition nouvelle permettait aux Facultés des sciences de concourir au développement, si important sous tous les rapports, de l’activité industrielle, en autorisant certaines d’entre elles à ouvrir des cours pour des applications spéciales sur la mécanique, la géométrie descriptive, le dessin, et à délivrer le nouveau certificat de capacité pour les sciences appliquées. Et, dans le but de fortifier cet enseignement, des conférences, des interrogations, des exercices pratiques devaient être institués dans le plus bref délai. Or, la Faculté de Lille, avec son personnel si restreint, fut précisément une de celles où Son Excellence M. le Ministre demanda l’application des nouvelles mesures dans toute leur plénitude. Elle eut lieu, en effet, et j ai à vous dire de quelle manière. Mais en vous rappelant 1 étendue de notre tache, j ai voulu que la part de toute chose fût bien établie dans vos appréciations et dans le contrôle moral que vous êtes en quelque sorte appelés a exercer sur nos travaux par la publicité donnée à cette réunion solennelle.

Enseignement noiimal.

Vous connaissez la distribution de notre enseignement : calcul diiférentiel et intégral, mécanique rationnelle, mécanique appliquée, physique, chimie, histoire naturelle.

Le calcul différentiel et intégral n’a pu faire partie, cette année, de l’enseignement de la Faculté. Il faut deux années à un seul professeur pour compléter l’étude des matières du programme de la licence ès sciences mathématiques. C’est une situation regrettable et, dans les examens de ce grade, la responsabilité du jury est un tiop louid fardeau quand elle retombe sur un seul de ses membres. D’ailleurs, malgré le nombre toujours très minime des auditeurs de ces cours difficiles, il ne faut pas laisser déchoir ce haut enseignement des mathématiques. 11 élève et distingue les Facultés. C’est chez elles seulement

que peuvent se perpétuer, en province, les traditions de ces grandes études qui honorent tant l’esprit humain et qui concourent, dans une certaine mesure, à la gloire du pays. Aussi, dès qu’elle a pu s’en imposer le sacrifice, l’autorité supérieure a voulu combler cette lacune. Une nouvelle chaire de mathématiques vient d’être créée près de la Faculté des sciences.

L’enseignement de la mécanique appliquée a été fait d’une manière assez complète et appropriée aux besoins d’une ville essentiellement industrielle. Malgré mon désir bien naturel de céder promptement la parole à mon savant collègue de la Faculté des lettres qui doit vous entretenir de travaux auxquels vous avez pris une large part, j’ai la confiance que vous écouterez avec intérêt la lecture abrégée du programme de mécanique.

Ce sera le seul passage technique de ce compte rendu que je prendrai la liberté de développer, afin de vous donner une idée de l’esprit de notre enseignement et une preuve de nos efforts à nous associer aux progrès de la richesse industrielle du, département. Voici les principaux sujets qui ont été traités dans le cours de mécanique appliquée :

« Principes fondamentaux de la mécanique. — Détermination théolique et pratique des centres de gravité. — Force centrifuge, ses effets sur la jante d’un volant. — Des leviers et des instruments de pesage. Plans inclinés. — Treuils, poulies mouflées, etc., en tenant compte du frottement. — Théorie du régulateur à force centrifuge; installation de cet appareil avec tel degré de sensibilité qu’on voudra, et cela, quelle que soit la résistance à vaincre. — Théorie des machines à vapeur, calcul de leurs effets, moyen de leur faire produire la même force avec moins de dépense. — Calcul de l’accroissement de force ou l’économie de combustible. — Frein de Prony pour mesurer le travail utile d’une machine. — Principes des forces vives ; on en déduit l’impossibilité d’un mouvement perpétuel ; son application à la théorie des manivelles et des volants. — Tracé des engrenages plans et coniques. — Cames pour soulever des marteaux et des pilons. Paral¬

lélogramme de Watt. — Théorie des pompes. - Presse hydraulique, bélier hydraulique. — Machines à colonne d’eau ; machine d’Huelgoat.

Vis d Archimède. Écoulement des eaux dans les tuyaux de

conduite et les canaux découverts. — Force d’une chute d’eau.

Théorie des roues hydrauliques; calcul de leurs effets. — Détermi¬

nation de la vitesse du maximum d’effet. — Calcul d’une roue établie ; calcul d une roue à établir. — Théorie des moulins à vent. »

On ne peut méconnaître qu’un tel programme ne réponde très bien

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aux besoins de la localité et aux instructions de l’autorité supérieure. Mais le public est-il convenablement préparé à recevoir cet enseignement? Nous croyons avoir la preuve du contraire. Les premières leçons appellent beaucoup de monde et peu à peu les principes mathématiques sur lesquels le professeur doit s’appuyer, s’accumulant de plus en plus, ia désertion devient rapide. Les dernières leçons ne réunissent plus qu’une douzaine d’auditeurs sérieux, parmi lesquels des maîtres répétiteurs, des professeurs du lycée et quelques-uns de nos meilleurs élèves inscrits. La nomination d’un nouveau professeur de mathématiques permettra d’ajouter au cours normal de mécanique appliquée des conférences spécialement réservées à nos élèves, dans lesquelles le professeur s’efforcera de fixer leur esprit sur les principes fondamentaux de la mécanique par des expériences et des descriptions de machines industrielles.

Le cours de physique a eu pour objet l’étude des propriétés générales des gaz, la chaleur et l’acoustique, dans le premier semestre, et, dans le second, les diverses branches de l’électricité. L’acoustique a reçu peu de développements, et l’optique a été laissée de côté. Le professeur s’occupera cette année de ces deux parties de la physique qui offrent un immense intérêt, principalement cette belle science de l’optique, si remarquable et si avancée. Les phénomènes de la chaleur ont été présentés assez complètement au point de vue théorique et pratique. Toutes les applications importantes ont été signalées. Il en a été de même pour l’électricité et, bien que dans ce champ aujourd’hui si vaste, le professeur n’ait pu tout embrasser, il s’est efforcé de n’omettre aucune théorie sérieuse, aucune application utile.

Voici comment a été distribué l’enseignement de la chimie. Pendant le premier semestre, le professeur a étudié les métalloïdes et les propriétés générales des métaux et des sels. Il a consacré la seconde moitié de l’année aux métaux alcalins et terreux et à la partie de la chimie organique qui traite des phénomènes chimiques de la vie chez les animaux et les plantes. Les métaux ordinaires et les propriétés des produits organiques naturels et artificiels feront le sujet des leçons du second semestre de l’année prochaine, de telle manière que le cours de chimie générale sera complété tous les deux ans. Pour la chimie comme pour la physique, c’est le mode qui se prete le mieux à 1 examen de toutes les parties de ces deux sciences.

Le professeur d’histoire naturelle a employé une grande partie de l’année à l’étude de la zoologie proprement dite. Après avoir indiqué les principales méthodes zoologiques, il a fait 1 histoire des diverses classes dans lesquelles se distribuent les animaux. Toutefois, en abor-

dant l’étude de chaque classe, le professeur a eu soin de présenter un résumé physiologique et anatomique, afin de relier son enseignement de cette année à celui de l’année précédente, et dans le but de permettre aux auditeurs d’acquérir des idées succinctes sur l’organisation, en même temps que des connaissances plus étendues sur la classification et les animaux eux-mêmes. La seconde moitié du deuxième semestre a été réservée à la botanique. Après quelques leçons d’organographie végétale, le professeur a fait l’histoire de familles de plantes usuelles, convenablement choisies.

Enseignement appliqué.

J’ai rappelé, en commençant, l’institution, près de la Faculté, d’un enseignement appliqué, destiné principalement aux jeune» gens qui veulent suivre la carrière industrielle. Le tableau suivant présente 1 ensemble des conférences, manipulations et exercices pratiques que nous avons consacrés à cette partie très utile de nos travaux :

Mathématiques.

Géométrie descriptive Exercices pratiques . .

Conférences . Manipulations

Physique.

Chimie.

Conférences .

Manipulations

Une leçon et un exercice pratique par semaine, alternativement.

Une par semaine.

Une par semaine.

Une par semaine.

Une par semaine.

Conférences .

Manipulations

Histoire naturelle.

. Une par semaine.

. Une par semaine.

Au total, il y a eu 79 conférences et autant de manipulations pour les diverses branches de l’enseignement.

Ces conférences et manipulations étaient réservées aux élèves inscrits. Le nombre des inscriptions a été de :

Dans le premier trimestre . 21

Dans le deuxième trimestre . 22

Dans le troisième trimestre . qg

Dans le quatrième trimestre . 15

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Les derniers trimestres perdent toujours quelques élèves qui

suivent les travaux pratiques pour se mieux préparer aux examens du mois d’avril et qui abandonnent imprudemment leurs études dès qu’ils ont un diplôme.

Indépendamment des manipulations dont je viens de parler, et qui ont été très régulièrement entretenues du 1" décembre 1855 au 15 juillet 1856, les professeurs de mécanique et de chimie ont fait un certain nombre de visites d’usines en compagnie des élèves inscrits. Je dois mentionner également l’essai heureux d’un voyage scientifique, si j’ose appeler de ce nom une excursion modeste en Belgique, dans le but de voir les principales usines chimiques de la province de Liège. J’avais fait savoir que, pour être admis à ce voyage, il fallait une autorisation écrite des parents. Douze élèves ont pu y prendre part. J’ai été très satisfait des résultats de cette excursion qui a duré six jours, et pendant laquelle nous avons pu visiter quatorze usines importantes, comprenant la métallurgie du fer, du zinc, du plomb, la fabrication du verre, du cristal, des glaces, de l’alun, de la soude, de l’acide sulfurique. Une faveur dont je ne saurais être trop reconnaissant a facilité ce voyage presque au delà de mes espéiances . MM. les directeurs des Chemins de fer de la ligne franco-belge et des Chemins de fer de Belgique m’ont accordé une réduction de 50 pour 100 pendant toute la durée de notre séjour en Belgique, ce qui a diminué considérablement notre dépense. Je dois enfin ajouter que, grâce à la copie de la dépêche de M. le Ministre, qui, sur la proposition de M. le Recteur, avait autorisé ce voyage, aucune des usines que je désirais faire visiter aux élèves ne nous a été feimée. La dépêche nous servait, en quelque sorte, de lettre d’introduction. Je n’ai eu également qu’à me louer de la conduite des élèves. C’était peut-être de ce côté que je plaçais mes scrupules, lorsque je songeais à l’utilité qu’il y aurait à faire l’essai d une pareille exclusion.

Pour terminer ce que j’avais à dire sur l’enseignement appliqué, je dois signaler la création de deux cours complémentaires de littérature

française, d'histoire de France et de géographie physique et politique dont les programmes correspondent aux exigences de l’examen du

Certificat de capacité. Ces deux cours ont été confiés à MM. Chasles et Chon, professeurs au Lycée de Lille, la Faculté des lettres n’ayant pu, dans cette circonstance, et à cause de son éloignement, nous prêter

qui en ont été chargés. Le cours une impression vive; il a réuni c

nombre des auditeurs s’est soutenu au chiffre élevé de 200 personnes environ. Je ne doute pas que ces cours n’aient contribué et ne contribuent ultérieurement à populariser l’enseignement de la Faculté des sciences. C’est aussi un beau triomphe pour l’Université qui, ayant un jour besoin de professeurs pour un enseignement public, et une faculté des lettres se trouvant éloignée, rencontre immédiatement dans le Lycée voisin deux maîtres dont le succès a un retentissement mérité. Je disais que ces cours littéraires avaient servi à populariser la Faculté des sciences; le Lycée de Lille doit s’en approprier luimême beaucoup d’honneur, et, à mon avis, l’Université tout entière. Les circonstances que je viens de rappeler peuvent servir à donner la mesure de l’enseignement secondaire en France, et témoigneront de la confiance qu’il doit inspirer aux familles.

Les détails dans lesquels je suis entré au sujet de l’enseignement appliqué et pratique montreront que tous les professeurs de la Faculté ont accepté avec dévouement les charges de la nouvelle mission qui leur a été confiée. Néanmoins le développement progressif de cet enseignement appliqué n eût pas été possible sans de nouvelles ressources. L’autorité supérieure l’a compris. Grâce à l’initiative du chef habile de cette Académie, deux professeurs ont été adjoints à la Faculté; la position de ceux qui étaient chargés de la littérature, de l’histoire, du dessin, a été rendue meilleure ; un nouveau préparateur nous est accordé ; et nos ressources matérielles sont accrues dans la même proportion. Aussi l’année scolaire va s’ouvrir pour la Faculté avec une organisation plus complète et plus en harmonie avec les besoins du riche pays industriel au centre duquel elle est établie. Par exemple, la direction des manipulations de physique étant abandonnée a 1 un des professeurs adjoints, le professeur titulaire pourra consacrer un ceitain nombre de leçons à 1 exposition détaillée des principes et des lois physiques que l’industrie a su le mieux utiliser. D’autre part, tandis que pendant le premier semestre l’un des professeurs adjoints exposera les lois générales de la chimie et l’histoire des principaux corps non métalliques, le professeur titulaire fera une leçon par semaine de chimie appliquée aux industries du Nord. Il traitera avec détails de la fabrication de l’alcool de betteraves, de la fabrication du sucre, de la raffinerie, du blanchiment... Ces leçons comprendront une partie analytique dans laquelle il développera les procédés de l’analyse chimique appliquée aux essais industriels : détermination de la richesse saccharine de la betterave, d’un sucre brut ; titrage des noirs de î affinei ie, des potasses, des soudes, des manganèses, des chlorures décolorants; analyses des engrais commerciaux, etc... Chaque leçon

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sera immédiatement suivie d’une visite d’usine, et c’est la que le professeur reportera l’exposition des détails techniques toujours difficilement compris sur des dessins au tableau noir.

Enfin l’un des professeurs adjoints fera un cours complet de géométrie descriptive avec les applications de cette science à la stéréotomie, c est-à-dire à 1 art de tailler les pierres et les bois pour leur usage dans les constructions.

Examens.

La Faculté des sciences a tenu quatre sessions d’examens pour le baccalauréat, en y comprenant celle d’Amiens au mois d’août. 161 candidats ont pris part aux épreuves. C’est quelques-uns de plus que 1 année précédente. 48 ont été éliminés par les compositions écrites, 42 ont été ajournés par les épreuves orales et 71 ont été admis, 9 avec la mention bien , 62 avec la mention assez bien. Aucun d’entre eux n a pu atteindre la mention très bien , qui suppose en effet une perfection rare dans la préparation de toutes les matières. Elle exige, sur cinq boules, quatre blanches sans noire. La mention bien constate déjà une préparation très soignée ; elle n’est donnée qu’à celui qui obtient trois boules blanches sans noire.

La force moyenne des examens, à la session d’Amiens, avait été, l’année dernière, beaucoup au-dessous de celle de la session de Lille ; mais il y a eu cette année un progrès très sensible, et la session d’Amiens a valu celle de Lille.

La partie faible des réponses est toujours l’histoire naturelle. Pour la première fois, la géologie faisait partie du programme dans la session de juillet 1856, Les élèves s’y sont montrés bien peu préparés.

Nous ne saurions également trop recommander aux candidats l’épreuve écrite de la version latine, qui est loin de satisfaire toujours nos honorables collègues de la Faculté des lettres, et qui nous oblige quelquefois à être sévères pour des candidats fort capables, du reste, de bien répondre sur toute la partie scientifique de l’examen.

La Faculté a tenu sa première session pour le certificat de capacité au moisd’aoûtdernier. La difficulté des épreuves en mécanique avait éloigné, pour cette année, la plupart des candidats. Trois seulement se sont présentés et un seul a été admis à subir la seconde partie de l’examen.

Les deux sessions réglementaires pour la licence ont eu lieu en novembre 1855 et en juillet 1856. Cinq candidats se sont présentés. Deux ont été admis : M. Lemoigne, professeur adjoint au Lycée de Versailles, et M. Taquet, maître répétiteur au Lycée de Lille.

MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉilAIlIES.

Travaux particuliers des professeurs.

Je suis heureux de pouvoir annoncer, en terminant, que tous les professeurs de la Faculté ont accompli, dans, le cours de cette année, des recherches particulières qui ont été soumises a divers corps savants et publiées dans leurs recueils.

Le professeur de mathématiques a fait paraître : 1° un mémoire sur le régulateur à force centrifuge ; 2° un mémoire sur les accroissements de force dans les machines de Watt.

Le professeur de physique a présenté un travail sur l’induction magnétique terrestre, et un autre intitulé : « Sur le magnétisme et la conductibilité électrique du sodium et du potassium ».

Le professeur de chimie a adressé à l’Académie une « Note sur le sucre de lait » (4) ; un travail intitulé : « Isomorphisme entre les corps isomères, les uns actifs, les autres inactifs sur la lumière polarisée » (-), et des « Études sur les modes d’accroissement des cristaux et sur les causes des variations de leurs formes secondaires » (1 2 3).

Enfin, le professeur d’histoire naturelle a publié les résultats d’un travail sur les monstres doubles chez les mollusques, et il vient de réunir ditférents mémoires, insérés dans les Annales des sciences naturelles , en un volume in-8°, ayant pour titre : «Voyage aux Iles Baléares, ou recherches sur les animaux infusoires de la Méditerranée ».

Le professeur de Faculté se doit tout entier à renseignement et aux progrès de la science. Les professeurs de la Faculté de Lille ont-ils compris les devoirs de cette double mission? Je désire ardemment, messieurs, que vous en ayez une preuve assurée par le compte rendu fidèle que je viens de vous soumettre, joint à cette liste des travaux originaux de chacun des membres de la Faculté pendant l’année qui s’achève. C’est le jugement que nous ambitionnons et le seul qui puisse récompenser nos efforts.

1. Voir cette Note, p. 280-283 du tome I des Œuvres de Pasteur.

3. Voir, p. 293-313 du tome 1 des Œuvres de Pasteur. ( Notes de l'Édition.)

[NOTES SUR LES MODIFICATIONS A APPORTER A L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES ET SUR L’ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE DE L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE

Remises a M. le Ministre de l’Instruction publique et des Cultes sur sa demande]. (Q

N.-B. — Dans la rédaction de ces notes je n’ai en vue que l’enseignement des Sciences; j’ignore quelles modifications spéciales réclameraient les mesures dont il est ici question dans leur application à l’enseignement des Lettres,

6 mai 1858.

I. — Sur la nécessité d’une double agrégation des sciences (c’est-a-dire de deux agrégations distinctes).

Avant les réformes de 1852, il y avait deux agrégations, l’une poulies sciences mathématiques, l’autre pour les sciences physiques. Cette dernière comprenait , outre la physique et la chimie, l’histoire naturelle proprement dite. L’épreuve éliminatoire des compositions portait, dans les deux ordres, sur les parties élevées de la science. Le titre d’agrégé était glorieux et la preuve certaine de connaissances solides et étendues.

L' institution d'une seule agrégation pour les mathématiques , la physique , la chimie et l’histoire naturelle rendait nécessaire l’abaissement du niveau des épreuves.

Aussi le décret de 1852 dit formellement que les examens porteront uniquement sur les matières qui font l’objet des études secondaires. Les jurys d’examen ont suivi à la lettre cette prescription, et les sujets de composition écrite ne dépassent pas, atteignent même rarement, le degré de difficulté des compositions de mathématiques

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