‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 102 sur 264 · Mot à mot : Petit vieux · texte numérisé non relu

Mot à mot : Petit vieux

h. Mot à mot: J'imagine que c’est l’idée d'échanger des boules de coton. Cette locution, prise ici au figuré, s'applique ordinairement aux escamoteurs.

en chemin, avait pesé et soustrait une des trois onces d'argent!. 11 tira aussitôt de sa manche deux autres onces et les remit au vieux Tong. « Voici, dit-il, une begatelle que vous offre mon ami Tchang; prenez cela pour vous. Seulement, je vous prie d’arranger l'affaire en question avec toute l’adresse dont vous êtes capable. Si, par hasard, elle réussit quelque peu, il vous reviendra encore, à la suite, un grecs morceau d'argent ?. »

Tong reçut le petit paquet d’argent, et se levant surle-champ : « Comme voire honorable ami, dit-il, m'a donné cette grande marque d'intérêt, je voudrais, monsieur, aller avec vous dans ce cabaret nouvelle- Bent ouvert, qui est devant nous, et profiter de sa gé- Dérosité 3; qu’en dites-vous? ni

— Je devrais naturellement vous tenir compagnie, répondit Wang-wen-khing, mais mon ami Tchang est

& On a va plus haut qu'il avait ajouté, à contre-cœur, une once d'argent aux deux onces que son camarade le chargeait d'aller Porter au concierge de Pé-kong, pour le mettre dans leurs intérèts. Cest cette once d'argent qu'il avait retirée et gardée pour lui.

2. Les Chinois ont l'habitude de porter sur eux des morceaux d'argent dont ils coupent et pèsent certaines quantités à mesure qw'ils en ont besoin. 11 font aussi usage d'argent monnayé sous forme de petits lingots carré-longs, du poids d’une once, portant en relief les Dos: « Une once d'argent pur, » et, sur une autre face, la date de la fabrication. |

Dans le commerce, on se sert souvent de culots d’argent de la

. ‘leur de 10, 20 et même 50 onces d'argent. L'once ou taël vaut 7fr, 50 e,

8. C'est-à-dire : Je voudrais acheter du vin avec l’argent qu'il Wa donné. La phrase chinoise est trop concise : J'ai reçu le sien fon argent) ; qu'en dites-vous ?

chez lui à attendre des nouvelles, et veut encore venir avec moi. Cette affaire ne saurait être différée. Si vous me le permettez, un autre jour, je viendrai moi-même vous inviter.

— Monsieur, dit le vieux Tong, puisque aujourd’hui vous voulez y aller tout de suite, moi-mème je n’oserais pas goûter au vin. Il ne faut pas s'amuser à boire, de peur de compromettre les affaires des autres.

— Cela étant, dit Wang-wen-khing, je suis encore plus reconnaissant de votre extrême bonté.» A ces mots, il prit congé du vieux Tong, et alla, en toute hâte, rendre réponse à Tchang-koueï-jou. Dans ce moment, Tchang-koueï-jou l'attendait avec une pénible impatience. Dès qu'il eut vu arriver Wang-wen-khing, il alla au-devant de lui, à la porte du jardin. « Avezvous notre homme ? lui demanda-t-il.

— Tout à l'heure. dit-il, j'ai eu bonne chance. Une fois arrivé, je l’ai subitement rencontré, et je lui ai expliqué toute l'affaire. Comment le jeune Sou n’est-il pas encore venu à cette heure ? »

Il avait à peine fini de parler, lorsque Sou-yeou-pé arriva avec Siao-hi. Or, comme, la nuit précédente, son esprit avail été excessivement préôccupé, il lui avait été impossible de dormir; mais, à l’approche du jour, il avait dormi profondément, el pour cette raison jil s'était levé tard. Sa toilette terminée, il déjeuna et se rendit de suite dans le jardin de Tchangkoueï-jou, où justement il le rencontra (avec son ami.) Quand ils se furent salués tous trois : « Monsieur Lién-

PERD UN JOYAU PRÉCIEUX. a,

én, lui dit Tchang-koueï-jou, comment arrivez-vous a Lrd?

— La nuit dernière, répondit Sou-yeou-pé, par suite des bontés dont vous m'avez tous deux comblé, j'ai bu quelques tasses de trop. Voilà pourquoi j'arrive si tard ; je suis bien coupable.

— C'est sans doute, dit Wang-wen-khing en riant, que vous ne vous souciez pas de voir mademoiselle Pé.

— Messieurs, dit Sou-ycou-pé en riant, si vous ne lénez pas à la voir, je n°y tiens pas non plus.

— Si vous voulez y aller, reprit Tchang-koueïi-jou, voici le bon moment, Il ne faut pas que des propos oi- &Ux no:.s fassent manquer notre affaire.

— Comme je n'ai pas encore achevé ma pièce de vers, dit Wang-wen-khing, je n’ai rien à espérer. Vous n'atez, messieurs, qu’à écrire promptement vos vers pour que j'aille avec vous 8i cel individu ! revient avec de bonnes nouvelles, je préparerai un repas pour vous iéliciter. »

À ces mots, ils se rendirent ensemble dans un pavillon. Tchang-koueï-jou et Sou-yeou-pé écrivirent, chacun de leur côté, les vers de la nuit précédente, et ls serrérent dans leur manche. Tchang-koueï-jou, ayant mis un vêtement de couleur, à la nouvelle mode, ordonna à un petit domestique de seller trois chevaux. Ils sortirent alors tous trois par la porte du jardin, et se

1. C'est-à-dire : Si le vieux Tong à qui es vers ont été remis,

apprend que le seigneur Pé et sa fille en ont été satisfaits, et vient nous annoncer cette heurcuse nouvelle.

dirigèrent vers le village de Kin-chi. On peut dire à ce sujet :

Si des abeilles voyageuses enveloppent un arbre, ce n'es! pas sans intention.

Si les fourmis traînent des fleurs, elles ont aussi leui

motif.

Elles cherchent avec ardeur les beautés du printemps ;

Mais on ne sait à qui il sera permis de posséder! les beautés du printemps.

Or, le village de Pé-chi n'était éloigné que de trois ou quatre li de celui de Kin-chi, de sorte qu'ils y furent bientôt arrivés. Quand ils se virent tout près de l'hôtel de Pé, le Chi-lang ?, ils descendirent tous trois de cheval et marchèrent à pied. Dans ce moment, le vieux Tong, pour de bonnes raisons, élait justement assis en les attendant au bas du pavillon de la porte. Quand il les vit tous trois def lui, ÿl sè leva et les interrogeant comme s’il ne se doutait de rien ÿ : « Messieurs, dit-il, quelle affaire vous amène ? »

Wang-wen-khing s’avança en face de lui, et montrant Tchang et Sou : « L'un de ces deux messieurs, dit-il, s'appelle Tchang de son nom de famille, et l’autre Sou. Ils viennent exprès pour obtenir l'honneur de voir le seigneur votre maître.

— Si ces deux messieurs, dit le vieux Tong, étaient

1. Ge vers semble faire allusion aux trois jeunes gens qui sont épris de mademoiselle Pé.

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