‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 131 sur 264 · C'est-à-dire : Pé-kong, son beau-frère · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : Pé-kong, son beau-frère

3. Pour rendre compte des deux derniers mots pou-khi, il faut dire: Peut-être que, par égard pour son parent, il voudra bien consentir; c’est ce qu’on ne peut déterminer d’avance.

commença alors à avoir faim. Il arrêta aussitôt son cheval, et,avant jeté les yeux de toutes parts,à côté de la grande route qui se dirigeait au sud-est, il aperçut un village. Il voulut acheter un peu de riz cuit pour manger; mais il ignorait s'il y avait là quelque boutique. Comme il était dans cette incertitude, tout à coup, il vit venir un homme à cheval, qui était suivi de trois ou quatre domestiques. Dés qu'il fut arrivé en face de lui et qu'ils se furent regardés l’un l’autre, ils éprouvérent un sentiment de surprise et de joie. La raison est qu'ils s’élaient reconnus. Cet homme ouvrit le premier la bouche : « Monsieur Liôn-sièn!, dit-H. comment vous trouvez-vous ici?

— Je me demandais qui vous étiez, répondit vivement Sou-yeou-pé, et je vois en vous mon ami Yenl'song. Jen aurais long à vous conter.

— Il y a longtemps que je ne vous ai vu, répondit cet homme, et à toute heuïe je pensais vivement à vous. Mais cet endroit où je viens de vous rencontrer n'est pas commode pour la conversation. Heureusement que mon humble demeure n’est pas loin d'ici; veuillez y venir pour causer un moment.

— Où est votre noble maison? demanda Souyeou-pé ?

1. Lién-siôn, surnom de Sou-yeou-pé. Ce mot est composé d’une partie des deux noms da poëte Li-thal-pé. Thsing-lin (le nénuphar bleu), et Tse-sién (le dieu déchu).

2. Mot à mot : En un mot, il serait difficile d’épuiser (de tout dire), c'est-à-dire de vous raconter tout ce qui m'est arrivé.

— C'est celle-là, dit cet homme, en montrant du doigt le milieu du village qui était à côté de la route.

— Je ne vous cacherai pas, dit Sou-yeou-pé, que, dans ce moment, moi, mon domestique et mon cheval, nous sommes pressés par la faim. Justement, j'étais ici à délibérer lorsque je vous ai rencontré. Comme votre noble demeure n’est pas loin d'ici, jene pourrai m’empêcher de vous importuner. » Cet homme fut transporté de joie, et leurs chevaux marchant de front, ils entrérent tout droit dans le village. On peut dire à cette occasion :

Tcbing-tchoang ! avait entrepris seul un voyage de mille li (cent lieues.)

Sse-ma ? l'ayant prié de venir, toutes les personnes présentes s’inclinèrent devant lui $.

Si le talent et la réputation ne remuaient pas le monde,

Comment rencontreraient-ils, en tous lieux, un accueil aussi empressé ?

Cet homme s'appelait Sou, de son nom de famille;

4. Tching-tchoang vivait sous l'empereur Hiao-wen-ti, de la dynastie des Han (150-149 avant Jésus-Christ). Sa biographie se trouve dans les mémoires de Sse-ma-thsien, liv. cxx. Il avait rempli de hautes charges, et, entre autres, celle de grand historien. Oa raconte qu’il avait fait une absence de cinq jours, pour aller examiner un endroit où le fleuve jaune avait rompu ses digues.

2. L'auteur parle de Sse-ma-’an, c’est-à-dire ’An, intendant de la cavalerie.

3. Les trois derniers mots ?-{so-khing, sont rendus un peu autrement dans le dictionnaire Thsing-hun-wen-hai, liv. xur, fol. G : Les personnes qui étaient assises, furent remplies d'admiration : Tekox de bisire niyalma be sesoulaboukha.

son surnom élait Yeou-lé et son nom honorifique Yen-ts'ong ‘. Il portait le même nom que Sou-yeou-pé, sans être de la même famille ; c'était un de ses camarades de collège. I n’était pas très-versé dans les lettres, mais il avait beaucoup de fortune. 11 avait vingt-cinq ans, et ne se sentait du goût que pour le vin et les femmes. Il n’avait qu’un avantage sur les autres, c’est qu'il semait l'argent pour se faire des amis. Comme il avait perdu sa femme *, il était allé à la ville et l'avait parcourue en tous sens pour chercher à se marier. Au moment où il en revenait, il avait jâstement rencontré Sou-yeou-pé et l'avait invité à venir chez lui.

Quand ils furent arrivés devant sa porte et eurent mis le pied à terre, il le pria d'entrer dans la salle intérieure. Après les compliments ordinaires, Sou-yeou-té dit aux domestiques: « Servez d'abord le riz qui se trouvera prêt. M. Sou meurt de faim ; quand il aura mangé, il boira tout à son aise. »

Les domestiques obéirent, et,en peu d’instanis, Île vin et le riz furent servis en même temps. « Monsieur, dit l'hôte à Sou-yeou-pé, il y a plusieurs mois que je ne vous ai vu. Je ne savais où vous chercher ; j'ignore pourquoi vous êtes venu ici, :

— Depuis qu'on m'a Ôlé mon grade de bachelier,

1. Yeou-fe, celui qui a de Ja vertu; Fen-fs’ong, celui dont les paroles sont suivies, écoutéces. |

2. Littéralement : Comme les corces (de la guitare) s'étaient brises. Les Chinois coinparcnt l’heureuse union des époux à une guitare bien accordée.

répondit Sou-yeou-pé, il arriva justement que mon oncle revenait du pays de Thsou {, où il avait remplacé le juge criminel de la province. Il avait arrêté son bateau au bord du fleuve, et désirait que je le suivisse à la capitale, où il allait rendre compte de sa mission.Comme je ne me souciais pas de rester dans ce pays, j'ai répondu de suite à son invitation. Mais quand je fus arrivé au milieu de ma route, j'ai rencontré des obstacles imprévus qui m'ont empêché de me trouver au rendez-vous, de sorte que mon oncle, ne pouvant m'attendre plus longtemps, se décida à partir. Je m'arrêtai dans la maison d’un de mes amis, et j’y fis un long séjour. Comme j'avais aujourd’hui une pelite affaire, je voulus retourner à la ville, lorsque tout à coup j'ai eu le plaisir de vous rencontrer ici. J'ignore à quelle époque vous êtes allé à la ville, et quelle importanlc affaire vous y a retenu pour en revenir aujourd'hui? — Après le premier concoursÿ, répondit Sou-yeou-té, j'avais été admis dans la troisième classe. Je ne vous cacherai pas, monsieur, que pour l’examen provincial‘ qui aura lieu cet automne, j'éprouve un grand embarras; je scrai obligé de chercherun moyen pour paraîlre au concours *. Quoique j'aie peu d'espoir de réussir, je

4. Cet ancien nom de pays répond à la province actuelle du Houkouang.

2. C'est-à-dire : D’aller tronver mon oncle qui m'attendait dans son bateau et m’y avait donné un rendez-vous.

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