Littéralement : Mes méprisables membres
me montrer de l'amitié. Ce qu'il y a de mieux est de vous contenter d’une longue révérence !.
— Vénérable maître, dit Sou-yeou-té, cmment oserais-je vous désobéir? Mais je me rendrai coupable d'un manque de respect. »
A ces mots, il fit une seule révérence. Ou, l’académicien, engagea Sou-yeou-té à’ quitter son habit de cérémonie, et alors, après les polilesses d’usageÿ, ils s’assirent. ;
Lorsqu'on eut fini de prendre le thé, Ou, l’académicien, interrogea de suite son hôte. « Il paraît, dit-il, que ce M. Yeou-pé, dont vous m'avez parlé tout à l'heure, est votre frère cadet?
— Quoique nous n’ayons pas eu la même mère, répondit Sou-yeou-té, il est vraiment de la même famille que moi, mais c'est un jeune homme étourdi et extravagant qui ne connaît pas les devoirs de la société. Anciennement, vénérable maître, il avait reçu de vous plusieurs marques de bienveillance, et néanmoins il vous a gravement offensé. Si, dans la suite, l’examinateur en chef l’a privé de son grade, c'est un malheur qu’il s’est attiré lui-même. Cependant, vénérable mattre, loin de le réprimander et de le punir, vous lui avez montré un intérêt affectueux et l'avez couvert de
4. En chinois {ch’ang-i. Suivant les auteurs, cette révérence con siste à s’incliner en portant les deux bras de haut en bas, le plus bas possible.
2. C'est-à-dire : Ils s’assirent après avoir cédé (l’un à l’autre la place d'honneur).
votre protection ?. On peut dire, en vérilé, que vous avez su pénétrer un ingrat de reconnaissance et le rendre tellement honteux de sa conduite qu'il ne savait où se cacher. Chaque jour, il voulait aller se jeter à vos pieds ?, mais, ne s'en sentant pas le courage, il m'a prié d'aller à sa place vous demander pardon 5.
— Précédemment, dit Ou, l’académicien, il ya eu un moment où, dans l'intérêt d’un parent #, j'ai eu le désir de m'appuyer sur un homme vertueux et d’un mérite éminent ÿ. J'étais loin de penser que votre honorable frère cadet, qui est doué d’un talent supérieur et d'un grand caractère, m'opposerail un refus invincible 5. Cette résistance m'a fait sentir davantage com-
1. Littéralement : Vous l'avez protégé comme des œufs, c'est-àdire comme un oiseau protége ses œufs.
2. Littéralement : Il voulait plonger sa tête dans la boue, devant votre escalier.
3. En chinois : Khing-{hsing (verges-demander). Le sens complet est : Porter sar son dos un paquet de verges, et demander le châtiment qu’il a mérité. Cette locution, qui se rattache à un trait historique, signifie simplement demander pardon, présenter ses excuses, (Voyez le roman des Deux jeunes filles leltrées,t.T, p. 257, n° 8.)
&. Littéralement : Dans l'intérêt de la courge et de la plante ko (dolichos tuberosus). Ces deux plantes, à cause de leurs tiges rampantes qui s'étendent au loin, se prennent, au figuré, dans le sens de parents éloignés.
Ou fait ici allusion à sa nièce, dont le mariage l'avait préoccupé pendant la mission de Pé-kong, son père.
5. C'est-à-dire : De chercher pour sa fille un éj'oux vertueux, etc.
6. En chinois: Pi-li-pou-hoei, mur — se tenir — debout — pas — aller en arrière, c'est-à-dire qu'il ne reculcrait pas, comme un bon.me qui est appuyé contre un mur.
On sait que Sou-yeou-pé, qui avait entrevu par errcur la fille de