‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 142 sur 264 · T, HI · texte numérisé non relu

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bien il était digne de respect &t d'affection. Qæand j'y réfléchis, je reconnais que ça été ma faute; en quoi votre honorable frère cadet m'aurail-il offensé ? Seulement, j'ignore pourquoi vous prononcez encore le mot de mariage.

— Dans le premier moment, répondit Sou-yeou-té, mon frère cadet s’est conduit d'une manière stupide, et il s’est séparé lui-même d'avec le ciel!. Mais, à la ‘longue, il s’est repenti et a reconnu ses torts. Il a commencé à voir que les bienfaits de son illustre mattre (vos bienfaits) étaient aussi élevés que le firmament et aussi épais que la terre ; et chaque jour il avait le désir de rentrer en relations avec vous ?. Mais, ayant appris depuis peu que votre noble fille 3 était déjà mariée, il ne sait quel parti prendre. Aujourd’hui, il se voit obligé de songer à une personne qui vient en second après elle. Ayant été informé que votre honorable parent, le seigneur Pé, intendant des ouvrages publics, avait une fille, votre nièce, qui est presque égale (à la vôtre) pour l’âge et la beauté, il a osé croire que, s’il pouvait s’al-

.. Ou, l’académicien, au lieu de la belle Hong-yu, :vait été effrayé de sa laidour et avait refusé de l’épouser.

1. C'est-à-dire : Il s'est séparé d’avec vous qui êtes aussi élevé que le ciel, et il a perdu votre amitié,

2. Littéralement : D'appuyer de nouveau sa racine au bas du mur de votre porte.

3. Littéralement : Avait été trouvée d’accord avec les sorts consultés par le phénix. Cet oiseau fabuleux désigne ici l'époux.

En ce moment, Sou-yeou-té suppose que Hong-yu, que Tchangkoueï-jou avait faussement dite mariée, était la fille de Ou, l’académicien, que Sou-yeou-pé avait refusé d’épouser. (P. 9, note 1.)

lier à votre illustre famille !, il aurait encore l’avantage d’être comme un disciple auprès de son maitre ?. ” Mois. entre cette noble fille ÿ et lui, il y a autant de distance qu'entre le ciel et la mer. Sans doute, ce pauvre lettré affiche de bien folles prétentions; mais depuis longtemps son vénérable maître, qui l’a comblé de bienfaits, a montré pour le talent une affection sans bornes. Voilà pourquoi, mettant de côté tout sentiment de honte, il a osé lui adresser sa demande. Il ignore si son vénérable mattre pourra ou non oublier ses anciens torts et lui accorder sa protection.

— C'est donc pour cela (que vous êtes venu?), dit Ou, l’académicien, d’un air joyeux. Eh bien! je vais vous parler sans détour. La personne dont il avait été question anciennement n'était pas ma fille, mais ma propre nièce.

1. En chinois: Fou-kiao, s’appuyer sur un haut (pin). Cela se dit d’une plante grimpante, et, au figuré, d’une personne de basse condition qui se marie dans une famille riche et noble. Les personnes d'on rang élevé s'expriment souvent ainsi par excès de modestie,

2. C'est-à-dire : De recevoir de vous des conseils et des leçons. Le sœæns littéral est : Il re manquerait pas (l'occasion) d’être un pêcher oa un poirier (t’ao-li — 4223-4278) à la porte du maitre. .

Je crois qu’il faut lire é’ao-li (4223-4086), un pêcher ou un prunier. En effet, la locution T’ao-li-tsai-kong-men (les poiriers et les pruniers sont à la porte de votre seigneurie), signifie : Vous avez un grand nombre de disciples. (Voyez Yeou-lio-kou-sse-l'sin-youen, lv. III, fol. 12.)

3. En chinois men-mei, le linteau de la porte, expression par laquelle on désigne élégamment une jeune fille. (Veou-hio-kou-sse- Prin-youen, liv. IV, fol. 10.) Wells Williams: Seng-niu-fso-men-mei : Une j :une fille, qui vient au monde, est comme le linteau (qui soutient la maison).

— Comment pouvez-vous dire que c'était votre nièce ? s'écria Sou-yeou-té avec étonnement.

— Pé, mon parent, répondit Ou, l’académicien, a concentré sur ma nièce toutes ses affections. Anciennement, lorsqu'il fut envoyé en ambassade au quarlier des Tartares, dans la crainte que ma nièce ne fût exposée à quelque danger imprévu, il me la confia, et me chargea, à sa place. de lui choisir un époux. J'avais vu par hasard votre noble frère cadet, qui, en raison de son talent et de ses agréments extérieurs, pouvait, avec ma nièce, former un couple dccompli. Voilà pourquoi j'ai fait tous mes efforls pour le marier avec elle. Le fait est que je ne voulais pas tromper la confiance de mon parent. S'il se fût agi d’une personne aussi médiocre. que ma fille, aurais-je osé faire à un sage des propositions téméraires?? Mais maintenant votre noble frère cadet est revenu sur sa résolution et veut bien donner son consentement; de plus, mon sage ami, j'ai reçu vos excellents avis. Ma nièce attend encore le litre d'épouse *; d'ailleurs, il est naturel que je regarde comme un devoir de faire les premières ouvertures de mariage 4. Quand j'aurai uni ce couple vertueux, vous reconnaîtrez que mes paroles précédentes n'avaient rien d'illusoire.

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