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rances; comment oscrais-je former d'autres désirs ? »
A ces mots, il lui fit un salut, prit congé et sortit. Pé-kong le reconduisit jusqu'en dehors de la porte principale, et le quitta après lui avoir donné à plusieurs reprises des marques de considération et d’estime. Les domestiques remirent alors les présents à Pékong; maisil en prit seulement six et fitremporter les autres. Sou-yeou-té voyant les égards que lui avait montrés Pé-kong, s'’imagina qu'il pouvait compter sur le succés de son affaire, et se sentit ravi de joie.
Or, Pé-kong étant rentré dans le salon de derrière.
sa fille vint je recevoir et se hâta de l’interroger. « Aujourd’hui, dit-elle, quelles visites avez-vous reçues ? — Aujourd’hui, dit Pé-kong, je n’ai vu qu’un jeune
dragons l’auteur écrit feng-long pour teng-long-men), expression figurée qui veut dire visiter un lettré célèbre, être admis dans son intimité. J1 y a ici une allusion historique. Li-ing, surnommé Youenli, qui vivait sous le règne de Houan-ti, de la dynastie des Han (147 à 167 après Jésus-Christ), jouissait d’une grande réputation. On disait des lettrés reçus par lui, qu’ils avaient franchi {a porte des dragons. En effet, après cette honorable réception, ils étaient regardés comme des lettrés éminents, de même que les poissons deviennent des dragons lorsqu'ils ont franchi la porte des dragons (sic). Aa figuré, le mot /ong, dragon, désigne un homme célèbre.
Les mots feng-long-men, franchir la porte des dragons, s’appliquent aussi aux lettrés qui ont obtenu le grade de docteur. On dit au contraire de ceux qui ont échoué : Qu'ils se sont blessé le front à Ha porte des dragons ({ong-men-tien-nge).
L'expression {ong-men, porte des dragons, a pour synonyme Àotsin, le gué du fleuve Jaune. 11 est éloigné de Tchang-’an (Si-'ane fou) de 900 li (90 lieues). En cet endroit, le fleuve est coupé par des rochers, que les tortues et les poissons ne peuvent franchir. Ceux qui les franchissent sont métamorphosés en dragons (sic).
homme du nom de Sou, qui est venu, avec une lettre de recommandation de ton oncle, pour te demander en mariage. » Sur-le-champ, il présenta à sa fille la lettre de Ou, l'académicien. Celle-ci la prit, et ayant vu, dès le premier coup d'œil, le nom dé Sou, elle crut, de toute la force de son âme, que c'était Sou-yeou-pé. Comme elle savait que le jeune homme que Ou, l'académicien, avait précédemment choisi pour elle, portait le nom de Sou-veou-pé, elle ne put maîtriser sa joie, et interrogea exprès son père. « Ce jeune homme, ditelle, comment s'appelle-t-il de son nom d'enfance et de son surnom? Sa personne répond-elle réellement au portrait qu'en a fait mon oncle?»
— Ce jeune homme, dit Pé-kong, s'appelle Souyeou-té. Précédemment, ton oncle m'avait dit en particulier qu'il avait obtenu la première place sur la liste des bacheliers ; qu’il avait du talent et un extérieur distingué. Par la présente lettre, il lui accorde encore les mêmes éloges. J'ai vu aujourd’hui ce jeune homme ; il a assez d’embonpoint et parle avec une certaine facilité; mais je n’oserais assurer qu'il soit beau et dislingué. »
Hong-yu avait bien entendu qu'il s'appelait Souyeou-té, mais comme elle portait Sou-yeou-pé au fond de son cœur, elle crut faussement que c'était lui-même, et n'eut pas l’ombre d’un doute. Quoique son père eût dit : « [1 n’est pas bien certain qu'il soit beau et distingué, » elle n’ajouta pas grande foi à cette observation. « Puisque mon oncle, dit-elle, a choisi pour
moi ce jeune homme, cela n’a pas êté l'affaire d'un jour; peut-être qu’il lui à trouvé assez de mérite. Comment se fait-il que vous ne lûi trouviez pas les mêmes qualités que mon oncle?
— Aujourd’hui, dit Pé-kong, je ne l’ai vu qu’un instant, et peut-être que je n’ai pas pu le connaître à fond. Un autre jour, je ne manquerai pas de l’inviter à venir causer avec moi, et alors je l’examinerai avec la plus grande attention. Seulement, nous avons ici un certain Tchang dont je ne sais que faire.
— Mon père, dit Hong-yu, il ne faut pas de partialité; c'est uniquement d'après le talent et la figure qu'il convient d'éconduire ou d'agréer un prétendant.
— Quoique le jeune Sou, dit Pé-kong, n'ait pas la beauté du jade le plus pur!, si on le compare à M. Tchang, il a sur lui une notable supériorité. Quant à leur talent, M. Tchang m'a présenté plusieurs pièces de vers dont le mérite m'a beaucoup frappé?; mais le jeune Sou n’a d'autre appui que la recommandation de tononcle,et comme je ne l’ai pasencore mis à l'épreuve, je ne sais vraiment quel parti prendre. »
Hong-yu réfléchit en elle-même. « Si l’on compare, dit-elle, la beauté du jeune Sou et la laideur de M. Tchang, on trouvera entre eux plus de distance