Littéralement : Mes entrailles desséchées sont ivres
3. Cette idée a été appliquée pour la première fois par Thou-fou à son ami Li-thaï-pé, surnommé le Nénuphar bleu (Tsing-lien), ex pression employée ici par notre auteur. (Dictionn. P'ing-{seu-louipien, liv. LXXXIII, fol. 43.)
4. Littéralement : Les quatre choses précieuses de la chambre de la littérature (savoir: le papier, les pinceaux, l'encre et la pierre pour la broyer), et d’en donner à chacun un assortiment (i-fou).
5. Co titre est tiré d’une pièce du poëte Thou-fou, intitulé Kinfrhing, vers sur la soirée d'aujourd'hui.
52 RÉDUITS À L'EXTRÉNITÉ,
vers étaient faits d'avance. Qu'en dites-vous, Messieurs ? |
— Vénérable maître, dirent Tchang - koueï- jou et Sou-yeou-té, vous avez un talent divin; comment pouvez-vous vous comparer à des écoliers comme nous? » Quoiqu'ils parlassent ainsi de bouche, ils tombèrent soudain dans l’absttement. Ils étaient tout tremblants sur leurs siéges et ne pouvaient se calmer. S'ils voulaient composer, c'était chose impossible ; et, d’un autre côté, ils n’osaient répondre qu'ils ne composeraient pas. Îls alléguaient tantôt un prétexte, tantôt un autre{. Sou-yeou-té se disait à moitié ivre, et Tchang-koueï-jou faiait semblant de réfléchir profondément. Pé-kong les voyant dans une situation pen flatteuse, prit le parti de se lever. « Messieurs, dit-il, je sors un moment pour certaine chose?; je crains de troubler vos idées poéliques. »
À ces mots, il alla promptement derrière le pavillon. On peut dire à ce sujet :
On a beau feindre pendant un jour entier,
A la fin, viennent les doutes et les soupçons. Voyez, je vous prie, un fourbe sur la scène;
Il se démasque toujours par sa propre conduite.
En ce moment, le soleil était incliné vers l'occident. Tchang-koueï-jou et Sou-yeou-té se regardaient l’un l’autre à la dérobée, sans trouver moyen de se tirer
1. Littéralement : Ils s'appuyaiont à droite et à gauche. 2. C'est-à-dire : Pour faire de l’eau.
d'affaire, ct, de plus, ils ne se souciaient pas de cousulter ensemble. Après quelques moments de trouble, Sou-yeou-té se leva, descendit les degrés, et, s’appuyant sur la balustrade, fit semblant d’être indisposé!. Tchang-koueï-jou feignit d’avoir la colique, et se rendit, sous ce prétexte ?, dans le jardin de derrière. Ils furent assez longtemps à revenir. Pé-kong, placé derrière le pavillon, avait secrètement observé leurs manières. Au fond dn cœur, il se sentait indigné , et d’un : autre côté, il était tenté d'en rire. Mais, ne se souciant pas de les accabler de honte, il ne put se dispensr Ge faire un effort pour aller au-devant d’eux. et leur venir en aide. Il ordonna à ses domestiques d'apporter du vin chaud et d'inviter ces deux messieurs à se mettre à table. Quand ils virent venir Pékong, ils furent obligés de s'asseoir à leurs premières places.
« Messieurs, demanda Pé-kong, vos élégantes com positions sont-elles achevées ou non?
Tchang-koueï-jou, usant d'artifice, n’osa avouer qu'il n'avait pu venir à bout de la sienne. « J'avais à moitié fini, répondit-il le premier sans hésitation ; mais j'ai êlé arrêté lout à coup par une atroce colique; il ne me manque plus que la conclusion. »
Sou-yeou-té, voyant la ruse de Tchang-koueï-jou, répondit sur-le-champ : « Quoique j'aie pu, à grand'-