‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 163 sur 264 · C'est-à-dire : Dans notre ancienne hôtellerie · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : Dans notre ancienne hôtellerie

hi ayant pris son maître sous les bras, ils marchèrent pas à pas et s'en retournèrent par leur premier chemin. Au moment de son départ, Sou-yeou-pé était vif ot alerte, mais à son retour, il était faible et abattut. De plus, ayant perdu son cheval, il ne pouvait marcher vite, de sorte qu'il n’arriva que sur le soir à l’hôtellerie, au moment où l’on venait d'allumer les lampes. A sa vue, l’hôtellier fut saisi d’étonnement. « Monsieur, lui dit-il, pourquoi revenez-vous? J'imagine qu'il vous 2st arrivé quelque mésaventure? »

Sou-yeou-pé, lui ayant raconté de point en point comment il avait été dévalisé : « Monsieur, dit l’hôtelier en frappant du pied, je vous avais engagé d'avance à RQ point partir; mais vous ne m'avez pag écouté, et voilà vos bagages et votre cheval perdus! C’est une grande pitié.

— Mon bagage n'était pas lourd, dit Sou -yeou-pé, el il n’y a pas de quoi me plaindre si fort; mais ayant éprouvé ce malheur au milieu de ma route, je me trouve dénué de tout, et je me demande comment je pourrai partir.

— Monsieur, répondit l’aubergiste, veuillez entrer ici dedans et souper. Je vais arranger votre ancien lit pour que vous passiez, en attendant, une bonne nuit; demain, nous verrons ce qu’il y a à faire. »

Sou-yeou-pé suivit ce conseil et dormit toute la

4. En chinois: Mo-thsing-mo-chin, pour mo-fhsing-chin, il était sans vigueur; littéralement : sans esprits vitaux (animal spirits, Medhurst).

nuit. Le lendemain, il se leva de bonne heure, et, au moment où il était dans l’auberge à consulter avec le patron, il aperçut en face de la porte un vieillard à barbe blanche, qui s'approcha vivement et les interrogea. « Ce monsieur, dit-il, m’a l'air d’être celui qui hier a rendu l'argent au courrier du gouvernement. |! était parti; pourquoi est-il revenu ?

— Dans le monde, répondit l’aubergiste en soupirant, il arrive souvent des malheurs semblables au sien. Hier, ce monsieur avait ramassé une somme de cent vingt onces, et, par bonté de cœur, l'avait rendne à son maître. Qui aurait cru que le ciel était aveugle? À peine s'était-il mis en route, qu'un brigand lui a enlevé ses bagages et son cheval; et maintenant, se trouvant dénuë de tout', il ne peut continuer son voyage ?. -

— Si cela est, dit le vieillard, on a bien raison de dire que les hommes qui ont un bon cœur ne reçoivent pas toujours une bonne récompense. Permettez-moi, monsieur, de vous demander votre noble nom de fàmille; quel est votre honorable pays, et où vouliesvous aller aujourd'hui ?

— Mon nom de famille est Sou, répondit-1l ; je suis natif de Kin-ling (Nan-king) ; je voulais me rendre à la capitale pour voir un ami. Au moment où j'y pensais le moins, j'ai éprouvé cet affreux malheur, et j'ai

4. Littéralement : Étant réduit maintenant (à n'avoir plus que son) seul corps.

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