Littéralement : De nouveau — je recevrai — comment
&. Boîte qu’on emporte avec soi lorsqu'on va faire des visites, et qui renferme des cartes, des présents, etc.
sises l’une en face de l’autre. cousaient un vêtement.
La deuxième s’appelait Tchi-heng-thou (portrait d’une femme qui tient une balance). On y avait peint une belle femm° qui pesait à l’aide d’une balance, et à côté d'elle plusieurs femmes, également belles, qui la regardaient. :
La troisième avait pour titre : Ho-keng-thew (portraits de femmes qui assaisonnent le potage). On y avait représenté plusieurs belles femmes occupées dans une cuisine. L'une soufflait le feu, l’autre faisait cuire du riz; celle-ci lavait la vaisselle, celle-là faisait cuire de la viande. |
La quatrième avait pour titre Meï-po-thou (portraits de femmes qui jouent à la mourre !). On avait représenté trois ou quatre belles fémmes qui, assises à l'ombre des fleurs, jouaient à pair ou non.
Ces quatre peintures élaient le sujet des vers demandés. Pour chaque tableau, il fallait composer une prèce où l’on donnerait à entendre, d’une manière <ecrête, que le seigneur Li serait élevé aux honneurs et deviendrait ministre. Comme Sou-yeou-pé les considérait sans dire un mot, le licencié Tsien prit la parole. « Le vénérable Li, dit-il, s'est donné pour cela beaucoup de peine; celte espècè d’éloge sera charmant.
4. Amusement de deux personnes qui jouent ensemble en se montrant rapidement les doigts, les uns levés les autres fermés, afin de donner à deviner le nombre des premiers. (Dictionn. de l’Académie française.)
Seulement, les sujets sont fort difficiles, et il n’est pas aisé d’y mettre la main ; il faudrait y avoir mürement songé d'avance. Le fait est que je ne pourrais m'en acquitter en ce moment. Je ne vois que M. Sou qui en soit capable avec son grand talent.
— Si M. Tsien parle ainsi, dit Sou-yeou-pé, on peut, à plus forte raison, juger de mon embarras. Mais, comme je suis très-pressé de partir, je me vois dans la nécessité de faire un effort pour composer de méchants vers ?. Puis, après avoir avoué le tort que j'ai eu de me présenter moi-même, je prendrai congé de vous.
— Monsieur, dit le seigneur Li, vous me donnerez par là une grande marque d'amitié. » À ces mots, il ordonna à ses domestiques d'apporter un pinceau, un encrier et une feuille de papier. Sou-yeou-pé, sans faire de difficultés, saisit le pinceau et acheva d’un trait les compositions demandées. On peut dire à ce sujet :
Il n’a pas besoin de bouger de place;
A quoi bon monterait-il à cheval 5?
On dirait un lièvre qui s’élance ou une oie sauvage qui se précipite du haut des airs.
Des nuages de fumée remplissent le papier4.
4. Littéralement : Je vois seulement le talent élevé de M. Sou.
2. Littéralement : Offrir ma laideur, c’est-à-dire présenter des vers détestables. (Voyez p. 86, n. 2.)
3. Ce vers et le suivant sont destinés à exprimer la rapidité avec Jaquelle écrit Sou-yeou-pé.
&. L’encre de Chine est faite avec du noir de fumée.
L'auteur veut dire que la feuille de papier est toute couverte d'écriture.
Sou-yeou-pé, ayant fini d'écrire, présenta ses vers au seigneur Li et au licencié Tsien. « Quoique ceci ne soit guère digne de votre attention, leur dit-il, je m'estime heureux d’avoir pu répondu à vos ordres {. »
Li et Tsien ayant déployé la feuille de papier y lirent ce qui suit :
PREMIÈRE PIÈCE Représentation de femmes qui raccommodent un vêtement impérial.
En taillant et découpant l’étoffe, elles se rappellent encore l'époque de la naissance de Ki?.
Il y a longtemps que le ciel et la terre sont brodés sur ce vêtement 5.
Grâce à l’art de manier l'aiguille et la soie, qu’elles ont hérité de Niu-wa,
4. Littéralement : Par bonheur, je n'ai pas déshonoré vos ordres.
2. Ki était le surnom de l’empereur Hoang-ti, et le nom de famille des Tcheou. On lit dans l'encyclopédie Khe-fchi-king-youen, liv. XIII, fol. 2: Tcheou-kong commença à faire fabriquer les vêtements de l'empereur, dont la couleur variait suivant celle qui était affectée à chaque saison.
8. On lit dans la généalogie des empereurs (Ti-wang-chi-ki) : l'empereur Hoang-ti commença à supprimer les vêtements de peau. Le vêtement supérieur inventé par lui représentait le ciel, le vètement inférieur représentait la terre. (Encycl. Khe-fchi-king-youen, liv. XIII, fol. 2.) Jbidem, fol. 4 : On brodait sur le vêtement inférieur le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, des dragons ct des faisans, et sur le vêtement supérieur des trépieds, des plantes aquatiques, le feu, le riz et des haches. (Cf. Chou-king, chap. L-{si)
4. Suivant la mythologie chinoise, Niu-wa était la femme de l'empereur Fo-hi. On dit qu'elle répara la voûte du ciel avec des
Le soleil et la lnne pèsent ordinairement sur ses deux épaules {.
DEUXIÈME PIÈCE Représentation d’une femme qui pèse.
Ea souriant à propos, avec minauderie, (Si-chi) a acquis une éternelle reaommée 1. |
Quand un homme a perdu le pouvoir, il est tout à coup dédaigné.
On est charmé de voir que Votre Excellence tient d’une main ferme la balance,
Et ne permet pas? que l'injustice exisle parmi les bommes.
TROISIÈME PIÈCE Représentation d’ane femme qui assaisonne le bouillon.
Depuis l’origine du monde, le ciel et la terre se disputent le feu et l'eau;
pierres de cinq couleurs. Ici Son-yeou-pé la représente comme ayant inventé l’art de broder.
On trouve dans le Chou-king de Gaubil, p. 111, une notice sur Niu-wa, |
1. Littéralement : Écrasent ses deux épaules: pour dire: sont brodés sur la partie du vêtement qui couvre ses deux épaules.
2. On veut dire que la femme qui pèse sourit de la mème manière que Si-chi, qui passe chez les Chinois pour avoir été la plus belle femme de l’antiquité. Elle avait une manière de sourire on fronçant les sourcils, dont la grâce était si difficile à imiter que les personnes qui voulaient sourire comme elle, paraissaient laides. (Yeou-hio-koutse-sin-youen, liv. IV, fol. 7.) C’est ce qui a fait dire au poëte Thain- ’an-khing : Avec mille onces d’argent, on re pourrait acheter le sourire de Si-chi. (P’ing-fseu-lout-pien, liv. CXVI, fol. 35.)
3. En chinois: Pou-p'ing, le non-équilibre. Le mot ping (égal) se prend ici au figuré et s’applique aux décisions d’un ministre qui,
En général, les caracières des hommes diffämsnt entre eux comme les saveurs aigre et douce.
Comment obtenir un heureux mélange des cioq sa-
veurs ?
Soyez comme la prune acide; soyez comme le self.