‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 167 sur 264 · QUATRIÈME PIÈCE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PIÈCE

Représentation de femmes qui jouent à la mourre.

Ce n'est pas par basærd ni à l’étourdi qu’on peut deviner avec justesse.

Votre nom de famille et votre surnom doivent être marqués d'avance dans l'esprit de l’empereur ?.

comme les fléaux d’une balance, doivent être PAPER justes et ne pencher ni d’un côté ni de l’autre.

On remarquera, ici et plus bas, que suivant le désir du seigneur Li, le poëte a fait plusieurs allusions à la dignité de ministre pour flatter le juge de la province. (Voyez plus haut, p. 92, ligne 19.)

1. Dans ce vers, le poëte fait encore entrevoir au juge provincial la dignité de ministre (voyez plus haut, p. 92, ligne 19).

Dans le chapitre Youe-ming du Chou-king, le roi Kao-tsong parle ainsi à Youe, son ministre : « Faites-moi connaître la vérité; soyez pour moi ce que le riz et je ferment sont pour le vin, ce que le sl et le meï (la prune acide) sont pour le bouillon. Corrigez-moi et ne m'abandonnez pas. » .

Suivant Gaubil, on se servaitde cette espèce de prune pour donner un goût un peu acide au bouillon.

2. On peut voir ici une allusion à ce passage du Chou-king (chapitre Thang-kao) : « Vos vertus et vos fautes, dit l’empereur à son ministre, sont marquées distinctement dans le cœur du maître du ciel. »

est remarquable que Sou-yeou-pé emploie précisément les expressions de Chou-king (Kien-tsaï-ti-sin) ;seuleinent dans cet ouvrage, Je mot fi désigne le maître du ciel, tandis que dans notre roman, il s'applique évidemment à l’empereur.

Par cette allusion, le poëte donne encore à entendre que l’empereur réserve au juge provincial la dignité de ministre.

Quand une fois les bâtonnets de jade et les tasses d’or ont été mis en mouvement, Les trois Thaï? sont entourés de nuages de cinq couleurs.

Après avoir fini de lire ces vers, le licencié Tsien fut transporté d’étonnement et de joie et fit éclater son admiration. « Quelle grâce! quelle facilité ! s’écria-t-il. En vérité, monsieur, vous avez le talent d’un dieu.

— Les folles expressions qui me sont échappées au premier moment, dit Sou-yeou-pé, n’ont pu que blesser l'esprit supérieur de Son Excellence $. »

Le seigneur Li lut à son tour les vers, et, quoiqu'il n’en comprit guère le sens, voyant que le licencié Tsien ne pouvait se lasser de les louer #, il supposa qu'ils devaient être excellents, et se sentit tout à coup transporté de joie. « Naturellement, dil-il, tous les hommes d’un pays célèbre ne se ressemblent pas. Que je suis heureux de posséder cecit C’est pour moi un

1. C'est-à-dire : Quand on a commencé à prendre part au banquet impérial. «

Les Chinois se servent de petites baguettes de bois, d'ivoire, de jade, etc., au lieu de fourchettes.

2. Les trois étoiles appelées San-thaï, x, u et € de la grande Ourse, sont l'emblème des trois kong (San-kong) qui, dans la haute antiquité, étaient trois hommes d'état du premier ordre. (Voyez Morrison, dict. chinois, partie I, radical 40, p. 408, et l'encyclopédie Fouen-kien-loui-han, liv. LXII, fol. 1.)

Le deuxième et le quatrième vers renferment encore une allusion à la digaité de ministre qu'on veut faire entrevoir au juge pro- Yincial.

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