‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 186 sur 264 · C'est-à-dire : Envers vous · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : Envers vous

2. Littéralement : Le noble serviteur d’un cheval baï (d’un fonctionnaire qui a des chevaux bais).

3. Eo chinois : Ki-yong-khing-thsing, prier-permettre -vergesdemander. Ces mots seraient inintelligibles si l’on ne connaissait le fait suivant. Lien-po s'étant réconcilié avec Lin-siang-jou, premier ministre du roi de Tchao, alla jusqu'à son hôtel, portant sur ss épaules nues un paquet de verges, pour lui demander le châtiment ou'il avait mérité. Lin-siang-jou lui pardonna. Depuis ce temps-là, ils devinrent amis à la vie à la mort. Lien-po vivait dans la trentesixième année du règne de l’empereur Nan-wang, des Tcheou, 277 a0s avant Jésus-Christ. — Dans notre passage, l’auteur a omis les mots ‘ou (porter sur son dos), et fsoui (crime, châtiment du crime).

&. C'est-à-dire : De vous.

5. Littéralement : Vous solliciter à l'excès. On n’a pas oublié que

— Monsieur, dit Li, votre indulgence est grande comme la mer‘; mais quoique vous ne me trouviez pas très-coupable, quand je réfléchis au fond du cœur sur ma conduite, j'en suis constamment tourmenté. » Il lui fit encore ses excuses? à plusieurs reprises; puis il se retira avec tous les magistrats et prit congé de lui. On peut dire à cette occasion :

Recevoir les pauvres d’un air fier et hautain,

Et faire la cour aux gens nobles avec un respect exagéré,

C’est la conduite habituelle des hommes vils et abjects. Ils se ressemblent dans le monde entier.

Dès que Sou, le moniteur impérial, eut terminé les affaires de son tribunal, il se mit à examiner les présents qu’on lui avait offerts. Il refusa, sans exception, les objets d'or et d'argent, le taffetas, le satin et les comestibles $. Mais comme il y avait des poésies, des peintures et des pièces d'éloquence qui avaient pour objet l'éloge de son administration bienveillante, et où il était clairement désigné par son nom et son titre, il ne put s'empêcher de les accepter. Il les parcourut l’une après

le seigneur Li lui avait promis trente onces d'argent (225 francs) pour son voyage, s'il consentait à composer les quatre pièces de vers qu'on a vues dans le chapitre précédent.

1. En chinois: Haï-liung (mer-mesure). On se tromperait si l'on rendait cette expression par grandeur d'âme. (Morrison, Diclionn. chin., part. II, n° 3,104), l’explique bien par : A person’s liberal forbéarance.

2. Littéralement : Deux ou trois fois il corrigea ses fautes.

3. En chinois : Chi-yong-tchi-wou (manger — employer — choses). Cette expression ne siguifñle autre chose qu’aliments. (P’ei-wenyun-fou, liv. LXT, fol. 7.)

l'autre avec une attention minutieuse, et vit qu’en général elles étaient remplies de lieux communs. Mais - quand ses regards furent tombés sur les quatre pièces de vers qui ornaient le paravent de soie du seigneur Li, il fut charmé de la pureté et de la noblesse du style, et de l'élégance extraordinaire de l'écriture. Il ordonna aussitôt aux huissiers de les porter dans le salon de derrière, et de les déployer pour les admirer à son aise. Justement, Sou-yeou-pé entra dans ce moment. Sou, le monileur impérial, les montra du doigt et les lui fit voir. « Ces quatre pièces, lui dit-il, sont d’une belle écriture et d’un style naturel; elles semblent n'avoir coûté aucun effort! ; j'en suis tout à fait charmé. Le seigneur Li, le secrétaire du palais, est un richard; naturellement il n’y entend rien; j'ignore quel en est l’auteur. J'ai appris que vous aimiez la poésie ; si quelqu'un a composé ces vers à sa demande, ce n’est pas une raison pour ne pas les goûler.

— Ces quatre pièces de vers, dit Sou-yeou-pé, c'est vraiment votre fils qui les a faites à sa place. Mais comme il les a composées à la hâte pour répondre à son désir, il ne saurait accepter, de la part de son pêre, d'aussi grands éloges. »°

Sou, le moniteur impérial, éprouva autant de surprise que de joie. « Voilà qui est bien extraordinaire, lui dit-il; je doutais que la province de Chan-tong possédât un poëte aussi distingué, et j'étais loin de pen

Page 1