‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 188 sur 264 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

IL RÉUSSIT DEUX FOIS, A L'EXAMEN D'AUTOMNE ET AU CONCOURS DU PRINTEMPS !.

Sou, le moniteur impérial, ayant arrêté son plan avec Sou-yeou-pé, envoya d’abord un messager pour porter ses dépêches; ensuite, après avoir préparé l’argent nécessaire, il en envoya un autre à la capitale pour faire admettre (son fils) en qualité de Kien-seng ?. Comme les moniteurs impériaux font leurs affaires sans se donner de peine, au bout de quelques jours tout fut arrangé avec une régularité parfaite.

Quelques jours après, Sou, le moniteur impérial, dit à Sou-yeou-pé : « Comme les affaires de mon tribunal sont fort nombreuses, en restant ici, vous ne

1. Le premier de ces concours a pour objet le grade de Kiu-jin (licencié), et le second celui de Thsin-sse (docteur).

2. La qualité de Kien-seng, qui place un candidat entre le premier et le second grade, s’obtient en général à prix d'argent, et lui permet de concourir directement pour la licence, sans avoir été obligé, comme les bacheliers, de subir un examen préliminaire pour être déclaré admissible,

pourrez éviter une foule de tracas. Puisque vous vouæ2Z aujourd’hui acquérir de la réputation, ce que j'a de mieux à faire est de vous envoyer de bonne heure à la capitale. Vous y chercherez un lieu tranquille pour étudier en secret‘; peut-être y trouverez-vous votre profil »

Comme Sou-yeou-pé nourrissait au fond du cœur le désir d'aller à la capitale pour avoir des nouvelles de Où, l’académicien, il promit plusieurs fois de suivre ce conseil. Il choisit aussitôt un jour heureux et se disposa à partir. À cette nouvelle, les préfets, les souspréfets et les magistrats de chaque village vinrent le reconduire et lui offrir le repas du départ. Li, le secrétaire du palais, redoubla de soins pour lui faire la cour. Après quelques jours d’agilation et de tracas, il prit congé de Sou, le moniteur impérial, et se mit en route.

Dans ce moment, Sou-yeou-pé, devenu le noble fils du juge criminel de la province, prit avec lui Siao-hi et plusieurs courriers. Élégamment vêtu et montant un cheval richement paré, il prenait des grands airs tout le long de la route, bien différent du pauvre bachelier d'autrefois qui était seul et délaissé. En moins d’un jour, il arriva à la capitale. Il chercha une maison retirée et tranquille et s’y établit. Il fit d’abord les démarches nécessaires pour entrer dans le collége des nobles ; puis il envoya demander des nouvelles de Ou,

1, Littéralement : Vous nourrir en secret (bis).

l'académicien. Il ignorait que, depuis peu de jours, Ou, l’académicien , avait élé chargé de présider l'examen de licence dans le Hou-kouang, et qu'il avait déjà quitté la capitale. Sou-yeou-pé en fut désolé. Ne sachant quel parti prendre, il se consola en songeant aux paroles de Lou-meng-li, et se mit à étudier pour acquérir de la réputation.

Le temps s'écoula rapidement, de sorte que, tout à coup, il vit arriver l’époque de l’examen d'automne. Sou-yeou-pé suivit la foule des candidats et se présenta à l'examen. Lorsqu'il eut subi les trois épreuves? et qu'on eut proclamé les noms des élus, Sou-yeou-pé se vit placé au haut de la liste comme ayant obtenu le second rang au sujet des kings $.

Quand la gazette arriva dans le Chan-tong, Sou, le moniteur impérial, fut ravi de celte nouvelle. Il écrivit aussitôt une leltre qu’il envoya par un exprès à Sou-

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