‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 191 sur 264 · LL · texte numérisé non relu

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paru extrèmement jeune. Pourquoi la porte da jardin est-elle aujourd’hui scellée et fermée à clef? D'où vient qu'on n’y voit pas une âme ? Comme le seigneur Li demeure tout près, il doit savoir cela à fond.

— La maison voisine, dit le seigneur Li, est celle de M. Lou, commissaire en second, surnommé I-hong. Depuis qu'il est mort, son fils est encore bien jeune; il n’a guère aujourd'hui que cinq ou six ans. Outre ce fils, il ne reste plus que sa veuve et une jeune fille. Je ne vois pas d’autre enfant mâle. Comment y aurait-il un jeune homme ? Je pense, monsieur, que votre mémoire vous a trompé. »

Sou-yeou-pé fut rempli d'étonnement. « Ii est sûr, dit-il, que je l’ai rencontré et que j'ai causé avec lui pendant une demi-journée. Comment ma mémoire pourrait-elle me tromper? Ne serait-ce pas le fils d’un parent qui aura demeuré quelque temps dans cette maison ?

— Monsieur Lou, dit le seigneur Li, était arrivé à une situation prospère, mais dans l'origine, c’élait un homme fort pauvre; je n'ai pas entendu dire qu’il eût des parents. Ajoutez à cela que lorsqu'il était du monde, il se tenait à l'écart et ne fréquentait guère des étrangers. Sa femme est la fille d’un magistrat du Kiang-

particulier. Quand celui-ci arrivait, il descendait ce siége, quand Siu-tchi était parti, il le suspendaïit au plafond.

Par suite de tette histoire, hia-tha siguifie tantôt donner l’hospipitalité à quelqu'un, tantôi comme ici, s’arrêter, demeurer quelque part. Le mot fa veut dire à Ja fois un siége et un lit.

nan. Son père et son frère aîné demeurent loin d’elle. Cette dame gouverne sa maison avec une grande sévérité. Pourrait-elle permettre qu'un jeune homme d’une autre maison vint demeurer chez elle ? Peut-être est-ce un homme du dehors qui, ayant quelque chose à vous demander, se sera faussement donné pour le fils de M. Lou ? |

— Non-seulement il ne m'a rien demandé, repartit Sou-yeou-pé, mais il m'a même rendu un grand service. Je l'ai vu clairement sortir du jardin et y rentrer. Comment voulez-vous que ce soit un homme du dehors? Voilà qui est bien extraordinaire.

— Lui avez-vous demandé son nom d'enfance et son surnom ? reprit le seigneur Li.

— Son petit nom est Meng-li, répondit Sou-yeou-pé.»

Le seigneur Li ayant réfléchi un instant : « Les deux syHabes meng et li, dit-il, ressemblent au nom d’enfance de sa fille. Ne serait-ce pas sa fille, ajouta-t-il en rian!, qui aura eu une entrevue avec vous?

— Seigneur, dit Sou-yeou-pé en riant, puisque le fils de madame Lou est encore en bas âge, et qu'il n’y a pas d'autre jeune homme, n’en parlons plus. Mais je vous demanderai pourquoi les portes de devantet de derrière sont fermées à clef et scellées? Est-ce que madame Lou et sa fille n'existent plus ?

— Je vous assure, dit Li en riant, que la noble dame et sa fille existent réellement.

— Si elles existent, en effet, dit Sou-yeou-pé, où sont-elles maintenant?

— Il y a quinze jours, dit Li, qu’elles sont allées brûler de l’encens près de la mer du Midi. Voilà pourquoi les portes de leur maison, maintenant déserte, ont élé fermées à clef et scellées.

— Si elle est allée brûler des parfums près de la mer du Midi, dit Sou-yeou-pé, pourquoi a-t-elle emmené avec elle toutes les personnes de sa maison? Je pense qu'au fond elle a eu quelque autre raison.

— Brüûler des parfums, dit à son tour le licencié Thsien, ce n’est qu’un prétexte. fl est bien certain qu’elle a eu un autre motif; j'en ai appris quelque chose, mais j'ignore les détails.

— J'ose vous prier de m'instruire. dil Sou-yeou-pé. »

Le licencié Thsien se tourna vers le seigneur Li et l'interrogea. « Respectable monsieur, lui dit-il, en auriez-vous appris aussi quelque chose ?

, — Sielle a eu d’autres raisons, dit le seigneur Li, je n’en sais absolument rien.

— J'ai entendu dire, reprit le licencié Thsien, que M. Lou avait un ennemi qui venait d'obtenir une haute magistrature, et qui, dernièrement, en apprenant s. mort, voulait aller se venger sur les siens. Voilà pourquoi madame Lou est partie sous prétexte de brûler des parfums ; et, en réalité, pour échapper au malheur.

‘— Pourrais-je savoir où elle est allée! après avoir quitié ce pays ? demanda Sou-yeou-pé.

— Comme madame Lou, répondit le licencié Thsien,

4. Littérelcment : D'ici partie, je ne gais pas où elle est allée.

descend de magistrats du Kiang-nan, en partant d'ici, elle a dû retourner au Kiang-nan, dans la famille de son père et de sa mère. »

Après avoir entendu ces paroles, Sou-yeou-pé se sentit défaillir, et il fut obligé de faire un effort pour répondre aux santés qu'on lui portait. Après avoir bu encore pendant une partie de la journée, il attendit l’arrivée du courrier et de tous ses gens. Il prit alors congé de Li et de Thsien, et partit. On peut dire à ce sujet :

I se souvient de ce sourire gracieux qui respirait l'amour ! ;

Mais soudain (il s’est évanoui) comme les fleurs des roseaux qui croissent dans la lune,

Quand il pense à l'avenir et au passé,

En général, il est comme tourmenté par une foule de démons 3.

Après avoir quitté Li et Thsien, Sou-yeou-pé ordonna aux gens de sa suite de se rendre dans le Hopan. Tout le long de la route, il s’abandonna à ses réflexions. « Les bracelets d’or et les belles perles que

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