La liste des candidats qui avaient réussi
8. C’est le département qui comprend la ville de Pé-king. T1 s’agit enrere de Ja liste des licenciés reçus. (Voyez plus hant, p. 460, n. 4.)
4. Ce titre a été expliqué plus baut, p. 154, n. 1, ct 156, n, 2,
à ses réflexions. « Il y a déjà plusieurs années, ditil, que je m'occupe de choisir un gendre et je n'ai trouvé qu’un nommé Sou-yeou-pé qui pût me convenir ; mais il a disparu comme l’algue qu’entraînent les flots'. J'ignore en quel lieu aller le chercher. Ma fille a aujourd'hui dix-huit ans et l'époque de son mariage ne saurait être différée pour rien au monde. J'ai entendu dire que les bords du lac Si-hon ?, dans le pays de Woulin, était un des lieux les plus renommés de tout l’empire *, et que les gens de lettres et les hommes de talent
4. Mot à mot: Mais encore traces flottantes — flots — vestiges. J'ai été obligé de modifier cette idée qui ne pouvait passer en français.
2. Le lac Si-hou (lac occidental) est situé à l’ouest du départ ment de Hang-tcheou-fou (province du Tche-kiang). Il a vingt li (deux lieues) de tour. Il prend sa source dans le pays de Wou-lin.
Il existe un ouvrage en dix-huit volumes in-49, intitulé Si-hoxtchi, où l’on a décrit les beautés des environs du lac Si-hou.
8. M. Abel R. a traduit «tout ce qu'il y a de plus distingué parmi les poëtes célèbres et les beaux esprits,» mais l'expression Mingching (1,142-006) signifie un lieu célèbre, renommé. (Voyez le P'awen-yun-fou, liv. Lxxx1v, fol. 35.) On dit dans le même sens ing ching (2,657-906), expression qui comprend de plus l’idée de beauté supérieure : P'ei-wen, ibid, fol. 38 : le pays de Hoaï-nan est voisin du territoire impérial; c’est le lieu le plus charmant de l'empire (koue-tchi-hing-ching). Jbid. Le fleuve Kiang offre le plus charmant spectacle (hing-ching) ; je les visite du matin au soir.
Quelquelois le mot ching (vu/go, vaincre) signifie seul une chose belle à voir, Jbtd., liv, Lxxx1v, fol. 43: Je contemple Ja beauté da fleuve et des montagnes (tou-kiang-chan-tchi-ching) ; 1b7d. J'airoe la beauté, la vue charmante des bois et des sources (lo-lin-thsiouentchi-ching).
Les acceptions que je viens de rapporter manquent dans tous les dictionnaires. Je dois faire observer que l'expression ming-ching, qui sigaifie plus haut « un lieu célèbre, renommé, » a aussi le sens de
allaient d’ordinaire s’y établir quelque temps. Je veux profiter de ce beau printemps pour y aller faire une excursion. En premier lieu, mon vieux cœur enéprouvera une douce consolation; en second lieu, je choisirai, quoi qu’il arrive, un gendre distingué et je ménerai à bonne fin le mariage de Hong-yu ; seulement il n’est pas convenablé qu’elle reste toute seule à la maison. »
Cette idée lui causait une anxiété continuelle. Quelques jours après, on vint tout à coup lui annoncer que madame Lou, du Chan-tong, venait d'arriver avec sa fille, son jeune garçon et tous ses domestiques, et qu’elle se trouvait au dehors.
« Est-ce possible? s’écria Pé-kong,» rempli d’étonnement. Il ordonna sur-le-champ de transporter les chaises de madame Lou et de sa fille dans la salle de derrière, et d'envoyer les domestiques dans le salon de devant.
Or, cette dame Lou était justement la sœur cadette de Pé-kong. En peu d’instants, les chaises arrivèrent dans la salle de derrière. Pé-kong et sa fille Hong-yu allèrent la recevoir. D'abord, Pé-kong et madame Lou se firent les révérences prescrites entre un frère aîné et une sœur cadette ; ensuite, mademoiselle Lou etson frère saluërent respectueusement leur oncle maternel. « Mon neveu et ma nièce, dit Pé-kong, depuis quelques années que je ne vous ai vus, vous avez bien grandi. »
Les révérences étant terminées, mademoiselle Pé alla
supériorité nominale, par opposition à chi-ching, supériorité réelle. (Voyez Morrison, Dict. chin., part. I, clef 19, p. 271.) T. IL 21
saluer sa tante Lou, et quand elle eut fini, les deux cousines et le jeune garçon se saluèrent mutuellement. Lorsque chacun eut achevé ses salutations et qu'on s fut assis, Pé-kong interrogea sa sœur. « Comme nous étions séparés par une longue distance, lui dit-il, nous avons été longtemps sans entendre parier l’un de l'autre. J'ignore quelle affaire vous a fait venir aujourd'hui avec votre maison.
— Lorsque votre beau-frère, dit-elle, était commisaire de guerre dans la province de Tche-kiang, il y avait un préfet du district de Kin-khi, qui était cupide et cruel. Votre beau-frère présenta un rapport contre lui et le fit destituer. Je ne sais par quel stratagème ül a réussi plus tard à se faire nommer préfet d'un autre district ;aujourd'hui, je ne sais pas davantage comment il a pu être élevé au rang de moniteur impérial. Lorsqu'il eut appris la mort de votre beau-frère, il n’en con- * serva pas moins sa haine ancienne. Ce n’est pas tout: comme il venait d’être nommé juge-criminel de la province de Chan-tong, il voulut se venger sur nous. Je suis veuve et votre neveu est encore jeune ; de plus, je n’ai aucune connaissance dans la province de Chantong; comment pouvais-je lutter contre lui avec avyantage? C'est pourquoi j'ai consulté avec votre nièce, et avant qu'il ne fût entré dans notre pays, sous prétexte d'aller brûler des parfums près de la mer du Midi, je suis venue, mon frère, vous demander pour quelque temps l'hospitalité, afin d'échapper à ses poursuites.
— Puisque c'était pour cela, dit Pé-kong, vous avez
eu une excellente idée. Dans les circonstances actuelles, il n’y a pas autre chose à faire que de fuir d'aussi méchantes gens. Du reste, ma sœur, vous êtes arrivée aujourd'hui fort à propos. Je voulais, dans ce moment, aller faire une exeursion dans le pays de Wou-lin; mais je m'inquiétais de laisser ici votre nièce ! toute seule, sans avoir personne pour prendre soin d'elle. Je suis charmé, ma sœur, de votre arrivée : vous pourrez l'instruire, et de plus, ma nièce ? lui tiendra compagnie. Je puis donc partir sans inquiétude.
— Mon frére, lui dit madame Loë, comme me voici dass votre maison, je tiendrai gompagnie à ma nièce;
-rien ne vous empêche de partir. Mais si je suis venue chez vous, c'est que je voulais d’abord échapper au malheur, et ensuite vous charger d’une affaire.
— De quelle affaire? demanda Pé-kong.
— Depuis que mon mari n'est plus du monde, répondit elle, notre maison est devenue déserte. Votre nièce a aujourd’hui dix-sept ans accomplis, et elle n’est pas encore mariée. {l est vrai qu’on est venu plusieurs fois la demander; mais, veuve comme je suis, je ne trouvais pas convenable de voir des hommes, et j'avais de la peine à prendre un parti. Voilà pourquoi je suis veaue avec elle pour vous prier, mon frère, de lui choisir un excellent époux, et mener à bonne fin l’affaire qui intéresse sa vie entière.
— Il'est bien difficile, dit Pé-kong en soupirant, de