Mot à mot : L’examiner — un examen
sance des caractères, mais il n’est pas certain qu'elle en ait une intelligence complète. »
Après cet entretien, Pé-kong ordonna aussitôt à ses domestiques de mettre en ordre, pour madame Lou, sa fille et son jeune garçon, un grand pavillon composé de trois chambres, qui se trouvait à côté de la salle intérieure, et d’y transporter leurs bagages. Quant à leurs domestiques, il les fit installer dans plusieurs chambres situées au dehors. Tous ces arrangements une fois terminés, il ordonna de préparer un repas !, pour fêter leur retour.
Peu de temps après, le repas fut servi. Il y avait deux tables: l’une placée à gauche, où s’assit madame Lou; mademoiselle Lou et son jeune frère se placèrent de chaque côté. L'autre table était à droite. Pé-kong s'y assit, et fit placer sa fille sur le côté. Le frère et la sœur burent d'abord, puis ils parlèrent de leurs affaires de famille. Après qu’on eut bu pendant quelque temps, madame Lou interrogea Hong-yu. « Ma nièce, lui ditelle, j'imagine que cette année vous avez dix-sept ans.
— J'en ai dix-huit, répondit Hong-yu.
— De celte façon, reparlit madame Lou, vous avez an an de plus que Meng-li; vous êtes son aînée.
— Pendant toule ma vie, dit Pé-kong, j'ai eu la passion des vers et du vin. Ajoutez à cela que je n'ai
4. Mot à mot : De préparer du vin pour recevoir le vent (tsiefong). Cette locution signifie : recevoir des personnes qui ont été expôsées au vent. Wells Williams traduit : Faire bon accueil à un ami qui revient.
‘ point de fils pour me succéder. Heureusement que
voire nièce, qui se tenait près de moi du matin au soir, s’amugait à composer des vers et faisait la joie de ma vieillesse. Je ne pensais pas que ma nièce fût habile en littérature; c'est pour moi un nouveau sujet de joie.» Puis, se tournant vers Meng-li : «Si vous avez composé quelque chose, soit des vers, soit des chansons. faites-moi le plaisir de m'en réciter une pièce.
— Il est vrai, dit Meng-li, que j'ai fait autrefois quelques compositions, mais ce sont d'anciennes poé:ies qui se rapportent au temps passé, et qui ne valent pas la peine d'être récitées de nouveau. Si vous daignez, mon oncle, instruire votre nièce, veuillez lui donner un sujet. Après avoir montré son médiocre talent!, Meng-li priera son oncle et sa cousine de corriger ses vers. » |
Pé-kong fut ravi de cette réponse. « Cela vaudra mieux encore, dit-il, mais il ne convient pas que je vous fasse composer seule; je vais engager Hong-yu à composer avec vous ?.
— Si ma cousine veut bien composer avec moi, dit Meng-li, j'aurai là un excellent modèle et je profiterai davantage.»