‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 199 sur 264 · Mot à mot : En vous confiant à votre main · texte numérisé non relu

Mot à mot : En vous confiant à votre main

2. Littéralement : Combiner des pensées sur la blanche neige, — polir des phrases sur le doux printemps. C'est-à-dire composer des vers en tâchant d’imiter les beautés des deux pièces célèbres qui portent ces mêmes titres. I1 y a ici une allusion historique. Oa lit dans le dictionnaire Yun-fou-kiun-yu, lv. xvur, fol. 59 : « Un étrasgor du pays de Ing chantait la neige blanche et le doux printemps, pe-sioue-yang-{ch'un (l’auteur du roman emploie les mêmes expressions) ; il n’y avait qu’une dizaine de poëtes qui pussent l’imiter,»

l'encre tomber pêle-mêle, et la pointe des pinceaux voltiger avec impétuosité. En peu d’instants, chacune d'elles eut achevé ses quatrains. On peut dire à ce sujet :

Le pinceau est aussi impétueux que le vent et la pluie.

Les vers, une fois achevés, toucheraient jusqu'aux larmes les démons et les esprits.

La renommée du talent littéraire, qui doit briller pendant mille automnes,

Est échue un beau matin à de charmantes filles.

Les deux jeunes filles ayant achevé leurs vers, sans : que l’une eût devancé l’autre, les présentèrent ensemble à Pé-kong. Celui-ci voyant que Lou-meng-li avait fait ses vers sans peine ni fatigue, et qu'elle avait pu les achever au même instant que mademoiselle Pé, il éprouva au fond du cœur une certaine surprise. Il ouvrit sa pièce la première, et y ayant jelé les yeux, il lut ce qui suit :

Le poëte Thsin-san, cité dans le P’ej-wen-yun-fou, Liv. xr, B, fol. 24), dit qu’il était difficile de traiter le sujet du doux printemps sur les mêmes rimes que la chanson de Ing.

Voici d’autres citations qui prouvent la célébrité de la chanson sur la neige blanche (Pe-sioue-ko). Le huitième jour du dixième mois de la troisième année de la période de Hien-khing (l'an 658 après Jésus-Christ), l'empereur ayant composé des vers au sujet de la neige, Liu-thsaï, pour le flatter, les appela Pe-sioue-ko, la chanson sur la neige blanche. On lit dans le philosophe Hoaï-nautseu : Quand Sse-kouang, célèbre musicien de l'antiquité, jouait l’air de da neige blanche (Pe-sioue-tchi-in), les dieux descendaient pour l'entendre. (P’ing-fseu-loui-pien, liv. cxxxvis, fol, 3.)

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