Mot à mot : Ils n'ont pas échappé à mes conjectures
2. En chinois chan-jin, un homme de la montagne, traduction qui ne peut donner le vrai sens de cette expression. Le dictionnaire P'ing-lseu-loui-pien, liv. xxxvi, fol. 30, l'explique par: Lettré qui n’a plus ni appointements ni emploi (wou-lou-wef).
A peine Pé-kong avait-il pénétré dans l'aile orientale, qu'il vit, à l’entrée d’une cellule, un grand nombre de domestiques vêtus de bleu, dont les uns tenaient des billets de visite et les autres apportaient des présents; on entrait, on sortait; c'était un mouvement continuel.
Pé-kong pensa bien que c'était l'endroit indiqué. Il s’approcha de la porte et ordonna aussitôt à son petit domestique d’aller présenter les deux billets de visite.
— Nos deux messieurs sont sortis, répondit le portier en les prenant, ils ne pourront recevoir votre maître; vous n'avez qu'à me laisser les cartes de Sa Seigneurie. |
— Où sont allés vos deux messieurs ? demanda Peékong.
— M. Wang, dit le portier, celui qui a été le premier au concours du printemps !, les a priés de venir consulter avec lui pour rédiger une inscription. [ls seront allés rendre visite à des amis qui se trouvent sur leur chemin, et je pense qu’ils ne pourront rentrer que dans l'après-midi. Aujourd’hui, ils sont invités par le seigneur Tchang, de Tsien-thang ; en revenant, il faudra qu’ils aillent diner chez lui.
— En ce cas, dit Pé-kong, ayez la bonté de garder ces deux cartes; un autre jour je reviendrai les saluer. »
1. En chinois : Tch’un-youen, le premier du printemps. C'est-àdire : Celui qui a obtenu le premier rang sur la liste des licenciés.
Le portier le promit; puis, s'adressant au pelit domestique : « Où demeure votre matire? lui dit-il; demain, nos deux messieurs seront bien aises de lui rendre sa visite.
— Dans le village de T'sai-ya, près du pont de Siling, répondit le petit domestique. »
A ces mots, Pé-kong sortit du couvent; au même moment, il vit une foule de monde qui y entrait pour saluer MM. Tchao et Tcheou.
« De quelle espèce sont donc ces jeunes gens? dit Pé-kong en riant secrètement, pour mettre ainsi tout le monde en mouvement? »
Il revint à son hôtellerie et s’y reposa quelque temps.
Avant le coucher du soleil, Pé-kong se rendit à pied au haut du pont de Si-ling; et comme il s’amusait à regarder, il aperçut un de ces grands bateaux destinés aux buveurs!, où retentissait le bruit des flûtes et la voix des chanteurs, ct que les mariniers dirigeaient vers le bas du pont. A ses côtés, quelqu'un dit : « Ces personnes sont les invités de Son Excellence le souspréfet de Tsien-thang. »
Quelques instants après, ils arrivèrent au bas du pont. Pé-kong les ayant regardés avec attention, il vit le sous-préfet qui s'était placé au-dessous, d’eux pour leur tenir compagnie. Au haut bout, il y avait deux. . tables où étaient assis deux jeunes gens qui avaient le verbe haut et discouraicnt avec emphase. A les voir