‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 221 sur 264 · C'est-à-dire : Le projet de Pé-kong et de Sou-yeou-pé · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : Le projet de Pé-kong et de Sou-yeou-pé

lère. Je profiterai de cette occasion pour faire ma cour au gouverneur. Mais ce jeune Sou est amoureux comme un diable‘. Depuis longtemps, il pense avec ardeur à mademoiselle Pé; on dirait un homme dévoré par la faim ou la soif. Si je compte uniquement sur les ressources de ma langue pour l’exhorter et l'arrêter (dans son projet), il ne daignera pas m'écouter. J'imagine qu'il ne peut savoir ce qui s'est passé dernièrement dans la maison de Pé-kong. Le mieux est de fabriquer un mensonge, et de me borner à lui dire que mademoiselle PE est morte. Quand j'aurai ainsi détruit toutes ses espérances, lé gouverneur ne craindra plus de voir échouer le marjage qu'il a en vue. »

Son plan étant bien arrêté, dès le lendemain il prépara quelques présents, et, après avoir écrit un billet de visite, il alla sur-le-champ saluer et féliciter Souyeou-pé. L’huissier l’annonça et le fit entrer. Dans ce moment, Sou-yeou-pé ne sachant où trouver les traces de Pé-kong, éprouva une joie secrète en recevant la carte de Tchang-koueiï-jou. « Dès que j'aurai vu cetivdividu, se dit-il, je saurai tout de suite des nouvelles de Pé-kong. »

Il se rendit à la hâte dans la salle des hôtes pour le recevoir. Ils s'avancèrent l’un vers l’autre avec un visage riant et épanoui. Après les révérences mutuelles, ils s’assirent d’un air joyeux. « Honorable monsieur, lui dit Tchang-koueï-jou, depuis que vous m'avez

Page 1