‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 230 sur 264 · Mot à mot : En moins de quelques jours · texte numérisé non relu

Mot à mot : En moins de quelques jours

des plus pittoresques, il trouva un ancien couvent appelé Yu-tsi-sse !, et s’y arrêta. Il se promenait avec délices du matin au soir. Par hasard, Pé-kong, en revenant de visiter la grotte de l'empereur Yu, s'était établi

dans le même couvent. Un jour, après avoir déjeuné,'

ils sortirent tous deux pour admirer, en se promenant, la beauté des sites, et se rencontrèrent à l'improviste. Sou-yeou-pé ayant levé la tête, vit que c'était un vieillard qui portait un bonnet d'étoffe grossière ? et un manteau de toile blanche. Les traits de sa figure, pleins de pureté et de noblesse, contrastaient d'une manière surprenante avec son costume. Ce n’était pas un homme * du commun. Sou-yeou-pé, songeant en lui-même aux paroles du devin, éprouva à sa vue une surprise extrême, et s'arrêta sur-le-champ sans pouvoir avancer. Pé-kong, voyant que c'était un jeune homme d'une belle figure et d’un air distingué, se sentit transporté de joie. Quand il eut remarqué que Sou-yeou-pé étail resté debout en le regardant, il s'arrêta à son tour. Se trouvant elors face à face, ils se saluërent tous deux, l'un fixant l’autre, sans avoir la force de se séparer. « Monsieur, lui dit Pé-kong avec un sourire, comme vous vous promenez ici tout seul, je pense que vous goûtez beaucoup la beauté des montagnes et des eaux.

— Je n'ose laisser dire que je la goûte beaucoup,

4. Mot à mot: Le couvent des vestiges do Ya, c’est-à-dire bâti dans un lieu où l’empereur Yu a porté ses pas.

2. Mot à mot: Un bonnet de ko, c'est-à-dire un bonnet d'étoffe fabriquée avec les filaments du Dolichos tubcrosus.

IL TROUVE TOUT À COUP UN GENDRE. 273 repartit Sou-yeou-pé en souriant; je me fais que suivre les traces de Votre Seigneurie. »

Pé-kong ayant remarqué, au bord de la route, quelques hauts pins d'un charmant aspect : « Je vois, lui dit-il, que vous vous plaisez comme moi au milieu des montagnes et des eaux; pourquoi ne pas nous asseoir au pied de ces pins pour causer un moment ?

— C'est tout ce que je désire, répondit Sou-yeou-pé; seulement, je crains de ne pouvoir m’élever à votre niveau. » |

À ces mots, ils entrèrent aussitôt au milieu des pins, cherchèrent chacun un bloc de pierre et s’y assirent. « J'oserai, dit Sou-yeou-pé, demander à Votre Seigneurie, son honorable nom de famille et celui de son illustre pays, ainsi que le motif qui l’a conduite ici.

— Mon nom de famille ! est Hoang-fou, répondit Pé-kong; je suis de Kin-ling (Nan-king). J'aime les beaux sites de Chan-in et de la grotte de l'empereur Yu, et c'est pour cela que je suis venu me promener ici. j'ignore, monsieur, quel est votre illustre nom de Tamille et quelle importante affaire vous a conduit en ces lieux. À entendre le son de votre voix, dit Pé-kong, il me semble que vous êtes de mon pays.

— Mon obscur nom est Lieou, répondit Sou-yeou-pé. Je suis venu aussi pour visiter avec charme les montagnes et les eaux de ce beau pays. Je suis comme vous de Kin-ling (Nan-king). Lorsque je demeurais dans

Page 1