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senter à l’empereur un placet où il avouait sa faute. Telle fut l’origine du décret ci-dessus.
Le gotverneur Yang, voyant que Sou-yeou-pé avait été rétabli dans sa charge d’académicien, en fut vivement morlifñié. De plus, il craignit qu'il ne gardât au fond de son cœur du ressentiment, et qu’une fois arrivé à la capitale, il ne tint sur son compte toute sorte de propos. Il envoya encore des gens de tous côtés pour courir après lui el le ramener.
Un jour, le préfet avait invité quelques amis sur le lac occidental, Comme ses hôtes n'étaient pas encore arrivés, il était seul dans son bateau, et s'amusait à regarder par la fenêtre. Justement, ce jour-là, Sou-yeoupé, qui venait de traverser le fleuve, était arrivé sur les bords du lac. I avait loué une petite barque, et, en se dirigeant du midi au nord, il passa précisément à côté du grand bateau du préfet. Mais soudain le portier du préfet l’aperçut, et, le montrant au doigt : « Ce monsieur, dit-il, est le seigneur Sou-yeou-pé. »
Le préfet ayant levé la tête, reconnut qu'en effet c'était bien Sou-yeou-pé. Il ordonna aussitôt d'arrèter la barque de Sou-yeou-pé, et courut à la tête de son propre baleau pour aller à sa rencontre. Les employés du préfet amenèrent aussilôt la petite barque de Sou-yeoupé près de la proue du grand bateau. Sou-yeou-pé, se trouvant tout à coup sous les yeux du préfet, ne sut comment l'éviter, el se vit obligé de monter à bord. Le préfet se hâla d'aller le recevoir. « Seigneur Sou, lui dit-il, pourquoi êtes-vous parti sans prendre congé?
Il n’y a pas d’endroit où je n’aie envoyé mes gens pour vous chercher.
— Votre serviteur, dit Sou-yeou-pé, est d’un naturel indolent, et il a peu d'aptitude pour l’administration. Voilà pourquoi je me suis éloigné à la hâte, afin d'échapper au reproche d’avoir négligé les devoirs de ma charge. Rien n'était plus convenable. Comment aurais-je osé, monsieur le préfet, vous donner la peine de me faire chercher de tous côtés 1? »
Le préfet invita aussitôt Sou-yeou-pé à entrer dans son bateau, et, après l'avoir salué, il fit placer un fauteuil au haut bout de la chambre et le pria de s'asseoir. Sou-yeou-pé refusa et voulut seulement s'asseoir du côté de l’ouest.
a Seigneur, lui dit le préfet, il est juste que vous vous asseyiéz à la place d'honneur ; qu’avez-vous besoin de vous humilier ainsi ?
— Monsieur le préfet, dit Sou-yeou-pé, pourquoi me traitez-vous avec tant de respecl? Me regarderiez-vous comme un étranger parce que je ne suis plus en place?
— Un académicien, répondit le préfet, mérite les respects dus'‘à un académicien; ce n’est plus comme lorsque vous étiez mon subordonné ; comment oseraisje suivre les usages du passé ? »
Sou-yeou-pé éprouva une vive émotion. « Comme j'ai quitté mon poste, dit-il, je ne suis plus rien; pourquoi me qualifiez-vous d’académicien ?