‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 252 sur 264 · Littéralement : Un repas de riz grossier, non mondé · texte numérisé non relu

Littéralement : Un repas de riz grossier, non mondé

j'imagine que si vous êtes venu ici, c'est pour le mariage qui intéresse le seigneur Pé.

— C'est justement pour cela, répondit Sou-yeou-pé, mais je ne sais où en est l'affaire.

— Ce mariage élait convenu depuis longtemps, dit Sou-yeou-té en riant; maintenant que vous êtes arrivé aux honneurs, il se fera tout seul. Seulement il est fàcheux que vous vous consumiez de chagrin en attendant votre mariage : avec mademoiselle Lou, du Chantong. »

À ces mots, Sou-yeou-pé fut rempli détosianent, « Monsieur, dit-il, c'est une affaire dont je n'ai jamais parlé à personne; comment avez-vous pu l'apprendre?

— Monsieur, dit Sou-yeou-té en riant, maintenant que vous avez pu réussir dans cette heureuse affaire, est-ce que vous ne me permetlrez pas de la connaître ?

— Eh bien! reprit Sou-yeou-pé, puisque vous êtes au courant de cetie affaire, vous devez savoir des nouvelles de Lou-meng-li; veuillez, de grâce, me les apprendre. °

— Pour des nouvelles, dit Sou-yeou-té en riant. j'en ai, il est vrai; mais il ne m'est pas facile de les dire.

— J'espère cependant, reprit Sou-yeou-pé, que vous voudrez bien m'en instruire. Au surplus, je m'en rapporte à vous ; je suis prêt à obéir à tous vos ordres.

— Cher monsieur, dit Sou-yeou-té, je n'oserais repousser votre demande. Veuillez seulement! boirc trois grandes lasses de vin.

#- Quoique je sois un faible buveur, dit Sou-yeou-né,

je ne ferai pas de difficultés ; je vous prierai seulement de vouloir bien me mettre au fait. »

Sou-yeou-té ordonna aux domestiques de lui verser trois grandes tasses de vin. Sou-yeou-pé, ne pouvant faire autrement, les vida en causant et en riant. Alors il voulut absolument que Sou-yeou-té lui donnât des des nouvelles de Lou-meng-Ili.

Par suite de celte conversation, j'aurai bien des faits à raconter en détail. Tout le long de sa roule, un prétendant doué de talent persiste avec fermeté dans sa noble résolution, et deux charmantes beautés de l'appartement intérieur laissent voir des sentiments extraordinaires. On peut dire à ce sujet :

Les échecs viennent tous d'une erreur ;

ll suffit d'une méprise pour ruiner les plus beaux projels. Qui aurait pensé que des méprises et des erreurs Produiraient un événement aussi beau que les fleurs?

Le lecteur ignore sans doute si Sou-yeou-té a réellement consen!i, ou non, à donner des nouvelles de Loumeng-li. Qu'il me prête un moment d'attention; il l'apprendra en détail dans le chapitre suivant.

Page 1