‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 30 sur 264 · UN VIEUX MONITEUR IMPÉRIAL CHERCHE A MARIER SON FILS · texte numérisé non relu

UN VIEUX MONITEUR IMPÉRIAL CHERCHE A MARIER SON FILS

Depuis que Yang, le moniteur impérial, avait vu les vers de mademoiselle Pé, pendant qu'il buvait dans l'hôtel de Pé-kong, en admirant les reines-marguerites, il avait conçu le projet de la demander en mariage pour son fils. Yang avait un garçon et une fille. Le garçon s'appelait Yang-fang; il avait alors vingt ans. Il n’était pas fort laid de sa personne, seulement il était difficile de parler devant le monde de son wen-tchang (style élégant) et de son instruction ‘; mais, grâce aux elforts de son père, qui avait intriguë pour lui, il avait obtenu, dans le Kiang-si, le grade de licencié.

Ayant échoué dans le concours pour le doctorat, il avait aussitôt suivi son père jusqu’à son poste et étudiait près de lui. Quoique Yang se préoccupât de ce projet de mariage, il savait que Pé-kong était d'un caractère opiniâtre, qu'il apportait la plus grande atten-

1. C'est-à-dire que, sous ce double rapport, il était de la dernière médiocrité. |

tion dans le choix d’un gendre, et que si l'on en ouvrait la bouche à la légère, il serait tout à fait impossible de réussir. Il avait beau réfléchir, il né pouvait trouver aucun expédient.

Un jour qu’il revenait de faire des visites, au moment où il arrivait à la porte de sa maison, il vit un domestique ! qui tenait ‘une lettre à la main. S'étant jeté à genoux au bord de la route : «S. Exc. Wang, du Tthé-kiang, lui dit-il, vous adresse cette lettre pour demander des nouvelles de Votre Seigneurie. » Ce que voyant Yang, le moniteur impérial, il lui demanda si c'était S. Exc. Wang, du ministère de la magistrature.

« C’est lui-mème, » répondit le domestique.

Yang ordonna un à de ses servileurs de prendre la lettre et de faire attendre le messager. Il descendit aussitôt de cheval et entra dans l’intérieur. Il Ôôta d’abord son costume officiel, puis il ouvrit la lettre et y lut ce qui suit :

a Votre frère cadet ?, Wang-koue-mou, vous salue avec respect.

« Depuis que votre frère cadet est revenu de Jang-

1. Littéralement: Un homme vêtu de bleu. On lit dans le poëte Pé-kin-i : Un homme vêtu de bleu m’annonce que le matin est venu. 11 m'appelle pour que je me lève et fasse ma toilette. (P’ing-fseuloui-pien, liv. CXXXIV, fol. 35.)

Cette citation était nécessaire pour montrer que /sing-i (vêtu de bleu) ne signifie pas toujours un sieou-fhsaï (un bachelier).

2. ‘Terine de modestie qu'on emploie sans être parent en parlant à un homme, mème plus jeune que soi, à qui l’on veut témoigner du respect. Voyez chap. 1, p. 16, note 1.

pou, une année s'est rapidement écoulée ! sans qu'il ait ait eu le bonheur de se réunir-dans la capitale à son frère aîné. | | « Mon honorable frère ainé a un caractère grave et imposant, de sorte que tous ses collègues, sans avoir besoin d'être stimulés. tiennent une conduite vertueuse. Au récit de vos mérites, les hommes des contrées lointaines sont remplis de joie et d'admiration. Pour le moment, j'ai à vous parler d’un de mes compatriotes et de mes amis, nommé Liao-te-ming, qui dans l’origine cultivait les lettres. Il est fort habile en physionomie, et de plus c’est un excellent astrologue. Ordinairement, il prédit l'avenir avec une sogacité merveilleuse. Votre frère cadet (je) lui porte une haute estime. Maintenant, il parcourt la capitale pour exercer son art?. J'ose vous le recommander, dans l'espoir ÿ que sa science divinatoire vous sera de quelque utilité. Si vous daignez l’accueillir avec bienveillance et le pousser, il ne sera pas le seul à vous montrer sa reconnaissance.

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