‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 46 sur 264 · Ce jeu a été expliqué plus haut, p. 76, note · texte numérisé non relu

Ce jeu a été expliqué plus haut, p. 76, note

à Pé-kong, qui le lui renvoya; ni l’un ni l’autre ne voulait s'’exécuter. Yang craignant que, dans ce jeu, son fils ne montrât encore son ignorance, saisit celte occasion pour dire: « Puisque mon frère atné (Pékong) ne daigne pas commencer, serait-il juste que mon jeune fils osât prendre cette liberté? H vaut mieux causer en buvant une tasse de vin; seulement, c’est un. plaisir que votre frère cadet (moi) ne doit pas goûter tout seul. |

— J'approuve votre avis, dit Pé-kong, seulement, si je bois, je veux que le vin soit excellent.

— Quand on se trouve avec des amis intimes, lui dit Yang, le moniteur impérial, comment oserait-on ne pas aller jusqu'à l'ivresse ? » |

Ou, l’académicien, ordonna aussitôt aux domestiques de verser à chacun d’eux une grande tasse de vin. Ils se mirent tous quatre à causer et à boire, mais après force rasades !, ils se sentirent un peu étourdis par les fumées du vin ?. Yang, le moniteur impérial, craignant que Pé-kong n’eùût puisé de la verve dans le vin, et ne voulût faire des vers, il feignit d’être très-ivre. IL se leva avec Yang-fang, prit congé de son hôte et partit. On peut dire à cette occasion :

Si les hôtes avaient deux paires de mains, Le maitre de la maison avait quatre yeux.

1. Littéralement : Après qu'ils eurent bu pendant une demi. journée.

2. En chinois: Ta-kia-fou-weïi-yeou-tsoui-i, tous — un peu — eurent — une idée —'d'ivresse.

CHERCHE À MARIER SON FILS. so

Ils s'étaient habilement dissimulés, Mais il avait tout découvert d’un œil impitoyable.

Laissons partir Yang et son fils, et revenons à Ou, l'académicien, qui retint de nouveau Pé-kong et lui offrit encore à boire. Il lui raconta alors, en grand détail, la faute qu'avait faite Yang-fang en lisant foukao (au lieu de fou-kou).

« Pour moi, dit Pé-kong, en voyant combien il avait de peine à tirer un vers du fond de sa tasse! , j'avais déjà reconnu qu'il n’a pas un véritable savoir ; ajoutez à cela qu’il a mal prononcé les deux mots fou-kou, du Livre des vers; il est évident que c'est un esprit bouché, et que, par conséquent, Liao-te-ming ne méritait aucune confiance.

— Vous vous êtes laissé duper, dit en riant Ou, l’académicien. Si l’on en juge d’après les paroles du devin, qui sait si ce n’est pas? le vieux Yang qui, connaissant les vers que ma nièce avait composés dernièrement, l'aura envoyé exprès pour vous parler dans son intérêt?

— C'est cela, c’est cela, dit Pé-kong, en faisant plusieurs signes de tête, et si vous ne l’eussiez aujourd'hui mis à l'épreuve, peu s'en fallait que je ne tombasse dans son piége. »

Les deux amis causèrent encore un instant et burent

Ad

1. C'est-à-dire: À composer ou à citer un vers après avoir bu une tasse de vin. (Voyez page 77, notes 1 et 8.)

2 En chiaois : Weï-pi-fei, il n’est pas certain que ce ne soit pas.

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