‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 80 sur 264 · Voyez la note · texte numérisé non relu

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manche de la cognée!, je me trouverais infiniment heureux et honoré. Demain matin, j'irai porter les ordres de Votre Excellence. Je pense que, depuis longtemps, Sou-yeou-pé admire mon respectable maître, qui est élevé comme le mont (Thaï-chân} et radieux comme la Grande Ourse. Il n’y a point (de faible plante) qui ne désire l’appui d’un grand arbre ?.

— Si vous tenez votre promesse, dit Ou, l’académicien, je vous serai bien reconnaissant de ce service signalé. Excellent ami, lui demanda-t-1il encore, avant-hier, lorsque vous avez passé votre examen de bachelier, vous avez dû obtenir le premier rang. | — Votre disciple, répondit Lieou-yu-tching, est dépourvu de talent ; il n’a eu que la seconde place.

— Excellent ami, reprit Ou, l’académicien, avec un talent aussi distingué que le vôtre, vous méritiez d'avoir la première place. Comment a-t-on pu vous faire cette

4. Littéralement : Si votre disciple obtenait d’être le manche de la cognée; c’est-à-dire si j'étais chargé de faire les ouvertures de mariage. L'expression manche de cugnée fait allusion à l’ode du Chi-king intitulée Fa-ko, (liv. I, ch. xv, ode 5), où il est dit qu’il faut un entremetteur pour négocier régulièrement un mariage, de même qu'il faut une branche d'arbre pour faire un manche de cognée. Par suite de ce passage : l'expression tenir /e manche de la cognée, est devenue synonyme de faire l'office d’entremetteur ou d’entremetteuse de mariage.

2. C'est-à-dire : Naturellement, il doit désirer d’épouser votre fille.

Cette locution : S’appuyer contre an grand arbre (fou-kiao), se dit plus ordinairement d’une fille pauvre qui épouse un jeune homme de grande famille.

injustice? Demain, quand je verrai Son Excellence Li, je veux avoir une explication avec lui.

— L'examinateur en chef, dit Lieou-yu-tching, juge les compositions avec une équité parfaite, et j'ai accepté sincèrement sa décision. Si vous daignez me montrer de l'intérêt, c'est à votre bonté particulière que je devrai mon avancement. »

Après cet entretien, Lieou-yu-tching prit congé de lui et partit. On peut dire à cette occasion :

Vous rencontrez quelqu'un et vous lui donnez une commission.

Dès qu'il s’en est chargé, il devient votre ami.

De tous côtés, vous lui ouvrez les portes.

Mais il est difficile de distinguer si c’est dans l'intérêt public ou dans un intérêt privé.

Si le lecteur ignore comment s’y prit Lieou-yu-tching poar aller négocier le mariage, qu'il prête un instant l'oreille ; on lui expliquera cela en détail dans le chapitre suivant.

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