‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 89 sur 264 · Mot à mot : En se tirant se mirent à pleurer. 7. L · texte numérisé non relu

Mot à mot : En se tirant se mirent à pleurer. 7. L

À cette vue. les assistants furent saisis d’étonnement et reconnurent que Yang-kho avait dit vrai.

En ce moment, Sou-yeou-pé, apprenant que Yangkho avait trouvé sa femme, fut rempli de surprise et d'admiration. Il descendit de cheval, et l’ayant confié à Siao-hi, il entra à pied dans le temple pour vérifier le fait. Yang-kho voyant entrer Sou-yeou-pé, il dit à sa femme : « Si ce monsieur ne m'avait pas donné son fouet, et si je n’élais pas allé lui couper une branche de saule, nous ne nous serions pas revus dans celle vie.» À ces mots, il rendit le fouct à Sou-yeou-pé. «a Monsieur, lui dit-il, je vous remercie infiniment, je n'en ai plus besoin.

— Est-il possible, dit Sou-yeou-pé, qu'il arrive au monde des aventures aussi extraordinaires ? Peu s’en est fallu que je ne vous accusasse injustement, mais ‘je vous adresserai une question : ce docteur qui fait des prédictions, comment s'appelle-t-il?

— Personne, répondit Yang-kho, ne connaît son nom de famille ni son nom d'enfance. Seulement, comme il porle suspendue une pancarte où on lit ces trois mots : Saï-chin-sién (l’ermite qui l'emporte sur les esprits)‘, on l'appelle naturellement Saï-chin-sién. En achevant ses mots, il remercia plusieurs fois Sou-

4. Comme si l'on disait : L’ermite dont la pénétration est plus grande que celle des esprits. Dans un autre chapitre, j'ai trouvé sai (Basile, 10,506) expliqué par kouo (11,112), surpasser, l'emporter sur. Ainsi tombent l'interprétation (l'Hermite de la reconnaissance), et la note du premier tradacteur (t. H, p. #1).

Re —

UNE FILLE RICHE ET NOBLE, 207 rou-pé ainsi que les assistants, et emmenant sa lemme, il reprit son premier chemin et s'éloigna rapidement. Sou-yeou-pé, étant sorti du temple, remonta

fur son cheval, et tout en marchant, il se livra à ses

réflexions. « Moi, Sou-yeou-pé, dit-il, pendant toute ma vie je me suis montré intelligent, mais, pendant un moment, j'ai eu l’esprit bouché. Quoique j’aié entrepris te voyage par ordre de mon oncle, au fond, c'était pour chercher une belle femme. Puisque ce devin a su que j'élais sorti de chez moi pour un mariage, il doit savoir aussi où se trouve ma future épouse. Si je laisse de côté ks nouvelles présentes sans prendre des informations, & que j'aille la chercher dans des lieux où elle n’est pas!, ne sera-ce pas le comble de la folie? Maintenant quil est encore de bonne heure, il vaut mieux que

.Jecoure au village de Kiu-yong. Quand j'aurai vu le

devin, je m’informerai clairement de l’endroit où est Ma future épouse; j'aurai encore le temps d'arriver à k barque de mon oncle. »

Sa résolution étant bien arrêtée, il tourna bride, et & dirigeant au sud-ouest, il s’élança d’un pas rapide sur la route qu'avait prise Yang-kho, pour le rattraper.

Par suite de ce départ, j'aurai bien des choses à rater. Après une multitude de contestations et de délats, on verra paraître une belle femme ; du milieu de l'arène où se décide la vie et la mort, on ramènera un homme de talent.

1. Mot à mot : Des lieux où il n’y a ni traccs ni ombre (d'elle).

On peut dire à ce sujet :

Au sommet des arbres, le vent fait tourbillonner les fleurs des saules.

Au milieu des airs, des fils soyeux voltigent sans direction fixe.

Ce n’est point l’amour qui leur communique cette folle agitation ;

Le printemps leur refusant son appui, ils se laissent emporter par le souffle du printemps.

Maintenant Sou-yeou-pé va trouver le devin pour l’interroger sur son mariage. Si le lecteur ignore le résultat de ce voyage, qu'il m'écoute un peu; il en verra le récit détaillé dans le chapitre suivant.

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