‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 92 sur 264 · Littéralement : Que vous voudrez bien me retenir · texte numérisé non relu

Littéralement : Que vous voudrez bien me retenir

— Cela peut se faire, » répondit le religieux. Aussitô il fit mener, dans une cour de derrière, le cheval qu. Siao-hi tenait par la bride. Ensuite il ordonna à ur frère de prendre une lanterne, et invita Sou-yeou-pé à passer dans une chambre du couvent.

Après qu’ils se furent salués et assis : « Monsieur. dit le religieux à Sou-yeou-pé, oserai-je vous demander quel est votre noble nom de famille ?

— Mon nom de famille est Sou, réponditil.

— De cette façon, dit le religieux, vous êtes M. Sou. J'ignore quelle importante affaire vous appelle au village de Kiu-yong.

— Comme mon oncle allait à la capitale pour rendre compte de sa mission, dit Sou-yeou-pé avec un sourire, il avait fait arrêter son bateau à l'embouchure du Kiang, et avait envoyé des courriers pour me prendre et memmener avec lui. Mais, au milieu de la route, j'ai entendu dire que dans le village de Kiu-vong, il y avait un devin appelé Saï-chtn-sién, qui est trèshabile à consulter les sorts. Je veux le prier de les consulter pour mbi. C’est donc par l'effet du hasard que je suis arrivé ici.

— En quel pays votre oncle remplit-il son honorable charge ? demanda le religieux.

— Mon oncle, répondit Sou-yeou-pé, ayant fini d’inspecter la province du Hou-kouang, s'en revient pour rendre compte de sa mission.

— S'il en est ainsi, reprit le religieux, vous êtes un homme d'un rang très-élevé; je vous ai manqué de

respect !, je vous ai manqué de respect. » Il ordonna aussitôt à un frère de préparer le souper.

« Respectable maître, dit Sou-yeou-pé, quel est rotre grand nom de religion ?

— Mon humble nom, dit-il, est Tsing-sin?.

—Ce couvent si propre et siélégant. dit Sou-yeou-pé, doit étre la chapelle de tout le village #, mais j'ignore si c'est un monument antique ou une construction moderne.

— Ce couvent, répondit Tsing-sin, PT le couvent de Kouân-tn 4. Ce n’est pas un monument antique ni la chapelle de tout le village ; c’est la chapelle de Pé, le Chi-lang5, du village de Kin-chi, qui est devant vous. Il y a dix-huit ou dix-neuf ans qu'il l’a fait bitir.

— Pourquoi le seigneur Pé l’a-t-il fait bâtir en ce leu? demanda Sou-yeou-pé.

— Comme le seigneur Pé n'avait point de fils, et qu'il était, ainsi que sa femme, sincèrement dévoué au Bouddha, dans l’ardeur de son zèle, il éleva ce couvent Pour y offrir des sacrifices à Kouân-în aux vêtements

1. C'est-à-dire : Faute de connaître votre illustre famille, je ne YOus ai pas reçu avec tont le respect qui vous était dû.

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