‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 12 sur 148 · PRÉFACE. IV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IV

vivre, ni de changer. Le procédé chinois aurait épargné bien des larmes à Corinne, à la Clémentine de Richardson, et sauvé de vifs regrets à l'indécis Oswald, et peut-être au vertueux Grandisson lui-même. »

Constamment préoccupé de l'idée de -contribuer, suivant la mesure de mes forces, aux progrès des personnes qui étudient la langue chinoise, j'ai voulu faire pour l'intelligence du style vulgaire {Kouanhoa)^ ce que j'avais fait en 1826 pour celle du style antique {Kou-wen)^ en imprimant, avec le texte chinois, une traduction latine de Meng-tseu ^ , philosophe chinois du quatrième siècle avant Jésus-Christ, laquelle, depuis cette époque, n'a pas cessé d'être entre les mains des orientalistes et des missionnaires de toutes les nations.

Au moment où le vaste empire de la Chine commençait à s'ouvrir d'une manière définitive aux entreprises des Européens, frappé de l'absence de secours littéraires qui pussent permettre aux jeunes gens d'étudier sans maître la langue moderne, j'ai publié, en 1860, la traduction française du roman chinois P^ing-chan-ling-yen (les deux jeunes filles

1. Meng-tseu vel Mencium, inter sioenses philosophos, ingenio, doctrina nominisque claritate^ Confucio proximum^ edidit, latina interpretatione ad versioncm tartaricam utramque recensita et perpétue commentario e sinicis deprompto illustravit Stanislaus JuM'cn. (2 vol. in-80.)

xTi PRÉFACE.

lettrées) qui a reçu en France et à l'étranger Taccueil le plus favorable. Je poursuis encore le même but en donnant aujourd'hui une nouvelle traduction du roman des Deux Cousines^ qui, sous sa première forme, est épuisé depuis plus de trente ans, et qui, comme je l'ai dit en commençant, est complètement inconnu à la génération qui a surgi depuis 1826. C'est donc pour elle un ouvrage entièrement neuf; mais cette seconde traduction aura pour les jeunes sinologues à qui je la destine spécialement, un ca< ractère plus frappant dé nouveauté, s'ils la comparent à la première, qui permet, il est vrai, aux gens du monde de suivre les aventures qui y sont racontées, mais avec le secours de laquelle les étudiants seraient dans l'impossibilité de comprendre à fond l'original.

En effet, M. Abel Rémusat lui-même s'exprime ainsi (Préface, !67) à l'occasion d'une chanson que nous allons donner sous sa forme ancienne et nouvelle : mil a fallu se borner à remplacer ces vers par (c des lignes de prose^ où l'on trouvera que le vide de « la pensée n'est nullement racheté par le mérite de «l'expression. Je suis même bien loin d'affirmer « que le sens y soit toujours rendu. J'y ai renoncé « sciemment en quelques cîrconsta?i.ces, parce qu'il (( aurait fallu tout un alinéa pour le développer. Je (( puis l'avoir méconnu dans d'autres occasions, où

PRÉFACE. xrii

a le fil des idées se dérobait sous les fleurs de Tima- (c gination chinoise.

«Pour le moment, il me suffit d'avoir averti a les lecteurs qui voudraient se servir de ha tra* •

(( DUCnON POUR APPRENDRE LE CHINOIS. ))

Ainsi, M. Abel Rémusat, par un excès de conscience trës-honorable, défendait aux étudiants de se servir de sa traduction pour apprendre le chinois ' C'est assez dire à quel point il la croyait libre et peu secourable pour Tintelligence du texte.

Dans le premier chapitre, on voit mademoiselle Pé composer secrètement pour son père, sur les reinesmarguerites, une pièce de vers, qui commence sa réputation et amène de graves événements.

VERS sua LES REINKS-llABGnERITES.

PREMIBRB TRADUCTION. HOUVBLLB TRADDCTION.

(Tom. I, p. 121.) (Tom. I, p. 36, 37 i.)

j. Agréable mélange de pour- 1. Leurs nuances violettes,

pre et de blanc, d*iQcamat et blanches, rouges et jaunes, sont

d'or. d'une extrême fraîcheur.

2. Quel être dWin tous produit 2. Transpo^téesici en automne, au retour de l'automne? on les dirait animées d'un souffle

de vie.

3. Sous ces treillis que vous 3. Mettez votre plaisir à cheromez, on s'attendait à voir de cher au bas des haies ies grands graves lettrés, iettréa *,

4. Et c'est une jeune beauté 4. N'allez pas vous tourner vers qu'on aperçoit devant sa jalousie, les treillis de bambou pourvoir

de jolies femmes^.

). Voyez les notes de notre traduction.

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