Littéralement : Si vous voudrez bien m'instruire
5. Mot à mot : C'est le thé et le riz ordinaires. Comme si Ton disait : c'est le pain quotidien d'un lettré.
— Ce poirier fleuri, répondit Tchang-koueï-jou, se trouve dans le cabinet d*étude qu'on appelle Mong- Ihsao-hien. Si vous voulez le voir, vous n'avez qu'à monter au haut du pavillon des fleurs, et du premier coup d'œil vous le verrez en face de vous. »
Ils se prirent par la main et traversèrent le jardin. Quand ils furent arrivés au haut du pavillon des fleurs, qui était séparé du cabinet par un mur, ils jetèrent les yeux dans l'intérieur et aperçurent un poirier à fleurs rouges, qui s'élevait au-dessus du mur, et dont les fleurs épanouies semblaient teintes de sang et offraient un spectacle charmant. Sou«yeou-pé Tayant vu ne pouvait tarir d'éloges : c Ces fleurs^ dit-il, sont en effet très -belles, elles méritent vraiment d'èlre célébrées en vers ; mais je regrette d'en être séparé par ce mur qui m'empêche de les bien voir et d'en jouir complètement. Pourrais-je aller dans l'intérieur pour les voir un instant? ce serait charmant.
— Il n'est pas possible d'y aller, répondit Tchangkoueï-jou. C'est là que le seigneur Pé a établi son cabinet d'étude, qui communique directement avec la chambre de sa flile. Pourrait-il permettre aux gens oisifs d'y pénétrer?
— En effet, dit Sou-yeou-pé, si ce cabinet communique avec la chambre de mademoiselle Pé, il est naturel qu'on ne puisse pas y pénétrer. ^
Les deux amis, ayant regardé quelque temps du haat du pavillon des fleurs, revinrent dans la salle d'étude et s'y assirent. Tchang-koueï-joû n'avait d'autre désir
ET RECONNAIT L'ÉTOFFE. t9S
que devoir Sou-yeou-pé composer la chanson; de plus, il craignait que Sou-yeou-pë ne pût Tacheyer à l'instant, et n'y apportât du retard. Il craignait encore, si la pièce venait à être finie, d'éprouver un trouble subit, et de ne pouvoir l'apprendre *par cœur en un moment. C'est pourquoi il ne faisait que presser Souyeou-pé. D^ son côté, Sou-yeou-pé avait aussi l'âme tout occupée de mademoiselle Pé ; et comme il n'avait pas encore trouvé l'occasion d'exprimer ses tendres pensées, il saisit soudain son pinceau et le laissa courir au gré de sa passion.
Par suite de cette chanson , j'aurai beaucoup de détails à raconter. Une belle personne ouvre furtivement sa chambre parfumée, et un prétendant, laid de figure, ne peut réussir à occuper le lit oriental *. On peut djre à cette occasion :
De tout temps, le passereau jaune et l'insecte Tang-lang^ Ont caché avec ardeur les desseins d'où dépend le succès
ou la défaite.
Ne vous réjouissez pas d'avoir dérobé des poésies pleines
d'amour 3,
Car déjà Song-yu * est arrivé au mur oriental.