Littéralement : Des livres morts
— Aujourd'hui que nous sommes à Tombre des fleurs^ dit Pé-kong, il ne faut pas perdre le iemps. i
Tchang-koueï-jou , voyant que les paroles de Pékong s'accordaient avec le récit du messager, soupçonna avec raison que ce serait là un sujet de poésie, et comme il avait certaine chose ^ dans sa manche, il prit aussitôt une grande assurance : « Monsieur, dit-il, si vous ne dédaignez pas un style commun et vulgaire, je vais vous offrir l'occasion de vous moquer de moi *.
— Maître, lui dit Pé-kong, comme vous êtes fort habile en poésie, je suis sûr que cette chanson sera admirable. Avant-hier, un ami du pays de Ou ^ m'a offert deux jeunes chanteurs dont la voix est claire et pure, mais ils ne savent que quelques vieilles chansons; à force de les entendre, j'ai fini par m'en dégoûter. Puisque vous vous sentez en verve, veuillez prendre pour sujet ce poirier à fleurs rouges, et me composer une chanson dans le genre moderne. Je la ferai chanter à ces jeunes garçons, et je pourrai entendre constamment des accords mélodieux*; ce sera charmant. J'ignore, monsieur, ce que vous en- pensez. »
1. C'est-à-dire : La chanson de Sou-yeou-pé snr le poirier à fleurs ronges.