‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 143 sur 148 · C'est-à-dire : Pé-kong, son beau-ft'ère · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : Pé-kong, son beau-ft'ère

3. Pour rendre compte des denx derniers mots pou-khi^ il faut dire : Peut-être que, par égard pour son parent, il voudra bien consentir; c'est ce qu'on ne peut déterminer d'avance.

commença alors à avoir faim. Il arrêta aussitôt son cheval) et, ayant jeté les yeux de toutes parts, à côté de la grande route qui se dirigeait au sud-est, il aperçut un village. II voulut acheter un peu de riz cuit pour manger; mais il ignorait s'il y avait là quelque boutique. Comme il était dans cette incertitude, tout à coup; il vit venir un homme à cheval, qui était suivi de trois ou quatre domestiques. Dès qu'il fut arrivé en face de lui et qu'ils se furent regardés Tun l'autre, ils éprouvèrent un sentiment de surprise et de joie. La raison est qu'ils s'étaient reconnus. Cet homme ouvrit le premier la bouche : c Monsieur Lién-siènS dit-il, comment vous .trouvez-vous ici?

— Je me demandais qui vous étiez, répondit vivement Sou-yeou-pé, et je vois en vous mon ami Yent'song. J'en aurais long à vous conter*.

— Il y a longtemps que je ne vous ai vu, répondit cet homme, et à toute heure je pensais vivement à vous. Mais cet endroit où je viens de vous rencontrer n'est pas commode pour la conversation. Heureusement que mon humble demeure n'est pas loin d'ici ; veuillez y venir pour causer un moment.

— Où est votre noble maison? demanda Souyeou-pé?

1. Lién-sién^ surnom de Sou-yeou*pé. Ce mot est composé d'une partie des denx noms du poôte Li-thai-pé. Thsing-lién (le nénuphar bleu), et Tse-sién (le dieu déchu).

2. Mot à mot : En un mot, il serait difficile d'épuiser (de tout dire), c'est-à-dire de tous raconter tout ce qui m'est arrivé.

— C'est celle-là, dit cet homme, en montrant du doigt le milieu du village qui était à côté de la route.

— Je ne vous cacherai pas, dit Sou-yeou-pé, que» dans ce moment, moi^ mon domestique et mon cheval^ nous sommes presses parla faim. Justement, j'élais ici à délibérer lorsque je vous ai rencontré. Gomme votre noble demeure n*est pas loin d'ici, je ne pourrai m'empëcher de vous importuner. » Cet homme fut transporté de joie, et leurs chevaux marchant de front, ils entrèrent tout droit dans le village. On peut dire à cette occasion :

Tcbing-tchoang ^ avait entrepris seul un voyage de mille li (cent lieues.)

Sse-ma^ l'ayant prié de venir, toutes les personnes présentes s'inclinèrent devant lui 3.

Si le talent et la réputation ne remuaient pas le ononde, , Comment rencontreraient-ils, en tous lieux, un accueil aussi empressé?

Cet homme s'appelait Sou, de son nom de famille;

1. ^TchîQg-tchoang vivait bous Tempereur Hiao-wen-ti, de la dynastie des Han (150-U9 avant Jésus<^hrist). Sa biographie se trouvé dans les mémoires de Sse-ma-thsien, liv. cxx. II avait rempli de hautes charges, et, entre aatres, celle de grand historien. Oa jaconte qu'il avait fait une absence de cinq jours, pour aUer examiner un endroit où le fleuve jaune avait rompu ses digues.

2. L'auteur parle de Sscma-an^ c'est-à-dire 'An, intendant de la cavalerie.

3. Les trois derniers mots i-tsthkhing^ sont rendus un peu autrement dans le dictionnaire Thsing-han-icen'hat, liv. xiii, fol. 6 : Les personnes qui étaient assises, furent remplies d'admiration : Tehon de bisire niyalma be sesoulaboukha»

son surnom était Yeou-té et son nom honorifiquQ Yen-ts'ong *. Il portait le même nom que Sou-yeou-pé* sans être de la même famille ; c'était un de ses camarades de collège. Il n'était pas très-versé dans leslettres^ mais il avait beaucoup de fortune. 11 avait vingt-cinq ans, et ne se sentait du goût que pour le vin et les femmes. Il n'avait qu'un avantage sur les autres, c'est qu'il semait l'argent pour se faire des amis. Comme il avait perdu sa femme ^ il était allé à la ville et l'avait parcourue en tous sens pour chercher à se marier. Au moment où il en revenait, il avait justement rencontré Sou-yeou-pé et l'avait invité à venir chez lui.

Quand ils furent arrivés devant sa porte et eurent .mis le pied h terre, il le pria d'entrer dans la salle intérieure. Après les compliments ordinaires, Sou-yeou-té dit aux domestiques: a Servez d'abord le riz qui se trouvera prêt. M. Sou meurt de faim; quand il aura mangé, il boira tout à son aise. »

Les domestiques obéirent, et, en peu d'instants, le vin et le riz furent servis en môme temps, t Monsieur, dit l'hôte à Sou-yeou-pé, il y a plusieurs mois que je ne vous ai vu. Je ne savais où vous chercher ; j'ignore pourquoi vousôtes venu ici.

— Depuis qu'on m'a ôlé mon grade de bachelier,

1. YeoU'tCy celui qui adé la vertu ; Yen-is'onffy celui dont les paroles sont suivies, écoulées.

2. Littéralement : Comme les cordes (de la guitare) s'étaient bri- .sées. Les Chinois comparent Tlieureuse union des époux à une guitare bien accordée.

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