Hong-yu avait alors onze ans
tendresse ; voilà pourquoi jusqu'ici elle n'est pas encore fiancée.
— Quand un garçon est grand, dit Yang, le moniteur impérial, il faut qu'il prenne une femme; quand une fille est devenue grande, il faut qu'elle se marie'. Quoique vous l'ayez élevée avec tendresse, vous ne pouvez lui laisser passer l'époque du mariage.
— Ce n'est point, repartit Ou, l'académicien, que son père veuille laisser passer Tépoque du mariage ; c'est seulement qu'il est fort difficile de trouver un gendre distingué.
— Dans une capitale aussi grande que celle-ci, dit Yang, est-ce qu'il n'y a pas un seul jeune homme riche et noble qu'elle puisse épouser? Je veux dès demain faire les premières ouvertures pour elle.
— Messieurs, dit Pé-kong, laissons-là les discours oiseux; je vous prie d'achever de suite vos élégantes compositions.
— Quand je vois devant mes yeux, dit Sou, le moniteur impérial, des perles et des pierres précieuses*, je rougis de mon ignorance^, et je vous avoue qu'il m'est impossible d'achever. Chacun de nous ne demande pas mieux que d'être puni de trois lasses? Qu'en pensez- vous?
— C'est parlée juste, dit Yang, le moniteur impérial;, pour moi, je les boirai très-volontiers. »
1. Ce double axiome est emprunté aux prescriptions des rites.