‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 49 sur 148 · Cette constellation présido à la littérature · texte numérisé non relu

Cette constellation présido à la littérature

enreloppë celle du Boisseau (la grande Ourse). C'est signe qu'il doit avoir le beau talent de Sou-chi S et qu'un jour ce sera un lettré du premier ordre. Nonseulement les étoiles qui président à sa destinée me font présager pour lui la salle ^ de jade et le cheval de bronze; mais 11 a déjà obtenu le grade de licencié. Maintenant qu'il a vingt ans accomplis, tout le long du jour, il étudie en secret, et ne veut pas encore qu'on s'occupe de le marier; sous ce rapport, il n'a pas son pareil^. Prenez garde, monsieur^ d'en faire trop jpeu de cas et de le manquer.

1. Poëte célèbre qui florissait sous le règne de Ing-tsoDg de la dynastie des Song, lequel monta sur le trône Tan 1066; Son nom honorifique était Tseurtchen, et son surnom T'ong-p'o. On l'appelle {flus souvent Sou-t*oug-p*o ou simplement T*ong-p*o. Son talent poétique l'avait mis en grande faveur à la cour. Comme il était couché dans le palais, l'impératrice Siouen-jin le fit inviter à venir prendre le thé près d'elle ; puis elle le fit reconduire dans sa maison à la lueur de deux flambeaux droés de nénuphars d'or, qu'elle avait fait détacher de devant son trône.

2. C'est-ànlire f Me font voir en lui un futur académicien. Salle de jade et cfieval de bronze sont des expressions qui rappellent l'académie ou le titre d'académicien. En voici l'origine : L'empereur Wen-ti, de la dynastie des Han (lûO-133 ans avant Jésus-Christ), ayant obtenu des chevaux renommés de Ta-wan (Fergana), fit fondre leur image en bronze et la fit placer dans le^palais de Weï-yang.

Sous le règne de Thaî-tsong, de la dynastie des Song (637-649 de Jésus-Christ)^ Sou-i-kien ayant continué l'histoire des Hàn-lln (académiciens), la présenta à l'empereur qui, pour lui témoigner sa satisfaction, lui donna deux pièces de vers qu'il avait composées luimême et où se trouvaient les mots Yu-thang^ salie de jade, et lui ordonna de les placer sur une tablette dans la salle de l'Académie.

3. C'est-à-dire : Personne ne montre autant d'ardeur que lui pour rétude.

^ S'il en est ainsi, dit Pë-kong, je vous avoue que je n'en savais rien. Y»

Ils conlinuërent à causer fous deux de choses et d'autres S puis Liao-te-ming se leva pour prendre congé.

c Je devrais, lui dit Pë-kong, vous retenir ici pour boire encore quelques tasses, mais un de mes amis m'a donné rendez- vous à la maison de campagne de Li, qui est de la famillQ impériale, et il me presse de partir de bonne heure. C'est, monsieur, vous manquer d'égards; je suis bien coupable. •

En disant ces mots, il ordonna à un domestique d'envelopper de papier une once d'argent *, et l'offrit à Liaotc-ming en guise de cadeau. Celui-là la reçut avec un profond salut, et se retira après l'avoir remercié à plusieurs reprises. Il n'eut rien de plus pressé que d'aller rendre compte de cette conversation à Yang, le moniteur impérial.

Nous le laisserons pour revenir à Pé-kong, qui, après avoir écouté à table les propos de Liao-t§-ming, éprouvait intérieurement une certaine émotion, il voulut alors prendre des informations sur le fils de Yang; mais, d'un autre côté, il ne se souciait pas de s'expliquer devant des étrangers. Justement, Ou, l'académicien, vint lui rendre visite. Pé-kong le conduisit dans sa bibliothèque et l'invita à boire avec lui. Quand ils furent tous deux échauffés par le vin^ Pé-kong se mit

1. Littéralement : Ils tinrent encore quelques propos oiseux. 3. Environ 7 fr. 50 c.

. 3. Littéralement : Quand ils furent arrivés à une demi-ivresse.

à l'interroger. < Connaissez-vous, lui dit-il, le ûls de Yeng-tseu-hien?

— Pourquoi m'interrogez-vous à son sujet? demanda Ou, Tacadémicien.

— Avant-hier, répondit Pé-kong, un de mes anciens compagnons d'études m'avait recommandé un certain physionomiste. Par hasard, je voulus savoir de lui quels étaient les jeunes gens de la capitale qui avaient le plus de talent et de mérite. Il me cita sur-le-champ, avec les plus grands éloges, le fils de Yang-tseu-hien, qui, suivant son opinion, deviendrait par la suite un talent du premier ordre; il me prédit même qu'il serait un jour un des plus illustres membres de l'Académie ^ Comme je songe à marier Hong-yu, je crains de manquer un gendre que j*ai sous la main. Voilà pourquoi je vous ai interrogé sur son compte ; mais j'ignore s'il a quelque talent littéraire ^ »

Au concours de poésie, dit Ou, l'académicien, ce jeune homme avait été admis dans la deuxième section par Lou-wen-ming , sous-préfet du district de Kinchi^. Quoique je n'aie point lu de ses compositions, je

1. li y a en chinois Mm^-^m^. expression qui désigne celai qui a obteDu le premier rang au concours pour le doctorat. Ce succès le fait arriver d'emblée à l'Académie des Hàn-lin. De là vient que les trois membres les plus haut placés dans l'Académie s'appellent les trois Thing^kia (San-thing-kia).

2. Mot à mot : Je ne sais comment sont les caractères de son écriture, c'est-à-dire : Comment il écrit, compose.

3. Littéralement : Il est, dans la deuxième chambre de poésie, le disciple de Lou, préfet du district.

Tai TU lui-même, mais je ne l'ai pas beaucoup remarqué. Après mûre réflexion, je trouve qu*il n*a pas l'air d'un homme de talent. Le vieux Yang même n'ose pas faire son éloge. Si son tils avait vraiment du mérite, voudrait-il l'enterrer dans sa propre maison*?

— Moi aussi, lui dit Pé-kong, j'avais les mêmes doutes que vous. Le devin m'a appris que ce jeune homme, qui a aujourd'hui vingt ans, n'a pas encore fait de démarches pour se marier, et qu'il veut absolument se voir inscrit sur la liste des docteurs, avant de songer aux bougies parfumées de la chambre nuptiale. S'il a en effet de si grands desseins, il sera bien redoutable* à ses jeunes concurrents; on ne saurait dire d'avance jusqu'où il ira ^.

— Cela n'est pas difficile, dit Ou, l'académicien. Demain, je ferai préparer une collation, et j'inviterai le père et le fils à venir causer avec nous. Après avoir vu de près sa manière d'agir, vous reconnaîtrez sur-le-

. champ sMl a du talent ou s'il n'en a pas.

— Cette idée est excellente, » lui dit Pé-kong. Leur projet étant arrêté, ils burent encore long- En cet endroit, le texte était trop abrégé pour être intelligible. J-ai

cru devoir prendre la môme idée dans le chap. m, fol. 2, recto, où Tauteur a complété le nom du sous-préfet, et a ajouté le nom du district qu'il administrait.

1. C'est-à-dire : Il ne manquerait pas de le produire en tous lieux.

2. C'est-à-dire : Ses condiciples doivent craindre de ne pouvoir lutter avec lui.

Page 1