VI PRÉFACE
tune; car, à celte extrémité de notre continent, c'est un point établi par la loi, que le talent doit obtenir les places, et que les emplois sont la juste récompense du mérite. Voilà pourquoi tous les jeunes gens qui ont appris à lire, sont sans cesse occupés de concours. Ils s'y préparent à l'envi par de longues études. L'époque en est annoncée longtemps d'avance, et les mesures prises à cette occasion par le gouvernement, excitent l'attention universelle. On se porte en foule en ces lieux où l'on fait assaut de science et d'habileté, comme anciennement chez nous aux thèses de la Sorbonne-et de l'Université. Us sont tout à la fois le temple de la gloire et de la fortune. Le résultat du concours est proclamé avec pompe et devient le sujet de toutes les conversations. Il en est alors de la littérature et des ouvrages d'esprit, comme ici d'opinions politiques en un temps d'élection. Un grand nombre d'expressions, du langage le plus familier comme du style le plus noble, offrent des allusions à ces pacifiques combats; et l'idée des examens est si profondément enracinée dans la tête des Chinois, qu'il y a une nouvelle où l'on voit un magistrat promettre deux belles personnes qu'il est chargé de marier, non au plus brave et au plus vertueux, mais au plus savant, à celui qui expliquera le mieux les auteurs classiques. De môme, dans le roman qu'on va lire, un tendre père met sa