‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 57 sur 148 · Ce Jeu a été expliqué plus haut, p. 76, note · texte numérisé non relu

Ce Jeu a été expliqué plus haut, p. 76, note

i Pé-kong, qui le lui renvoya; ni Tun ni Tautré ne voulait s'exécuter. Yang craignant que, dans ce jeu, son fils ne montrât encore son ignorance, saisit celte occasion pour dire : c Puisque mon frère atnë (Pëkong) ne daigne pas commencer, serait-il juste que mon jeune fils osât prendre cette liberté? Il vaut mieux causer en buvant une tasse de vin; seulement, c'est un plaisir que votre frère cadet (moi) ne doit pas goûter tout seul.

— J'approuve votre avis, dit Pé-kong, seulement, si je bois, je veux que le vin soit excellent.

— Quand on se trouve avec des amis intimes, lui dit Yang, le moniteur impérial^ comment oserait-on ne pas aller jusqu'à l'ivresse? »

Ou, l'académicien, ordonna aussitôt aux domestiques de verser à chacun d'eux une grande tasse de vin. Ils se mirent tous quatre à causer et à boire^ mais après force rasades S ils se sentirent un peu étourdis par les fumées du vin *. Yang, le moniteur impérial, craignant que Pé-kong n'eût puisé de la verve dans le vin, et ne voulût faire des vers, il feignit d'être très-ivre. Il se leva avec Yang-fang, prit congé de son hôte et partit. On peut dire à cette occasion :

Si les hôtes avaient deux paires de mains, Le maître de la maison avait quatre yeux.

1. LittéralemeDt : Après qu'ils eurent bu pendant une demijournée.

2. En chinois : Ta'kia-tou-wei'yeou'tsout'i y tous — un peu — eurent — une idée -* d'ivresse.

Ils s*étaient habilement dissimulés.

Mais il avait tout découvert d'un œil impitoyable.

Laissons partir Yang et son fils, et revenons à Ou, racadémicien , qui retint de nouveau Pè-kong et lui offrit encore à boire. Il lui raconta alors, en grand détail, la faute qu'avait faite Yang-fang en lisant foukao (au lieude/bt^-&ott).

c Pour moi, dit Pé-kong, en voyant combien il avait de peine à tirer un vers du fond de sa tasse* , j'avais déjà reconnu qu'il n'a pas un véritable savoir ; ajoutez à cela qu'il a mal prononcé les deux mots fou-kou^ du Livre des vers ; il est évident quis c'est un esprit bouchéy et que, par conséquent, Liao-te.-ming ne méritait aucune confiance.

— Vous vous êtes laissé duper, dit en riant Ou, l'académicien. Si l'on en juge d'après les paroles du devin, qui sait si ce n'est pas^ le vieux Yang qui, connaissant les vers que ma nièce avait composés dernièrement, l'aura envoyé exprès pour vous parler dans son intérêt^?

— C'est cela, c'est cela, dit Pé-kong, en faisant plusieurs signes de^^ète, et si vous ne reusi3iez aujourd'hui mis à l'épreuve, peu s'en fallait que je ne tombasse dans son piège. »

Les deux amis causèrent encore un instant et burent

1. C'est-à-dire : A composer oa à citer un vers après avoir bu une tasse de vin. (Voyez page 77, notes 1 et 3.) 3. En chiooiK : TVet-pt-^, il n'est pas certain que ce ne soit pas. 8. LittéralemAit : Poar Jouer le rôle d'avocat«

quelques tasses, puis ils se séparèrent. On peut dire à celte occasion :

Un autre homme avait un dessein secret; Moi aussi, j'ai pu le soupçonner et le découvrir^. Malgré ses mille plans et ses dix mille stratagèmes, Je ne me suis pas trompé de l'épaisseur d'un cheveu.

Depuis que Yang, le moniteur impérial, était revenu chez lui S il s'imaginait que son fils n'avait pas montré son ignorance ^ ; aussi était-il transporté d'une joie se* crête, c Ce mariage, dit-il, est bien près de s'arranger, seulement, pour réussir, je ne sais qui je dois priar d'être l'entremetteur. Ce vieillard, dit-il, après avoir réfléchi, est^ifBcile et obstiné. Si je lui envoyais un homme noble et puissant pour négocier cette affaire, il dirait que j'emploie pour l'écraser l'autorité des grands. Il vaut mieux que je me contente de lui adresser Soa« fang-hoeï. Comme ils ont obtenu ensemble le grade de docteur, et que de plus ils sont intimement liés, il ne pourra faire aucune objection.

Son projet étant bien arrêté, il se disposait justement à aller rendre une visite à Sou^ le moniteur impérial, lorsque soudain il vit arriver un employé qui lui

1. Ces deux vers font allasion à un passage du Livre des vers (part. II, chap. v, ode 4} qui exprime la même pensée, presque dans les mêmes termes ; c'est pourquoi l'auteur écrit : et moi aussi.

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