Voyez chap. i, p. 7^ note
avait ordonné d'avance aux moniteurs impériaux de délibérer en particulier et d'arrêter leur choix^ puis de le soumettre à une délibération solennelle. Les moniteurs impériaux avaient consulté un moment, mais comme chacun avait ses préférences, personne n'osait ouvrir un avis. Ils se rendirent tous ensemble dans la salle des séances, et dirent, après avoir fait un salut : c Pour aller au-devant de Tempereur» se transporter seul au quartier ^ du prince lartare, et exécuter d'une manière honorable ^ les ordres du souverain, il faut absolument un homme habile, prudent,^ courageux et d'une santé robuste ; c'est le seul qui convienne pour une telle mission. Gomme nous craigùons de faire, dans le premier moment, une présentation téméraire, veuillez permettre à chacun de nous de r'en retourner. Lorsque après mûre réflexion, nous aurons trouvé un homme capable, nous en informerons la cour suprême pour mettre le sceau à la décision de son illustre président, t
La cour ayant acquiescé à cette proposition, tous les moniteurs impériaux sortirent bruyamment et se dispersèrent. On peut dire à cette occasion :
Les affaires de TËtat doivent être délibérées en séance solennelle;
1. Quartier est le mot employé en cet endroit par Mailla, Hist. de la Chinsy t X. Cette expression désigne le lieu où le prince tartare avait fixé sa résidence.
2. Littéralement : Ne point faire déshonneur aux ordres du prince, c'est-'à-dire de l'empereur régnant. .
Est-il coQYenable de se retirer pour y songer (en particulier)?
Tels sont» en général» les sentimenis des magistrats : Sur dix» il y en a neuf qui ne cherchent' que leur intérêt privé.
Après le départ des monitears impériaux, Yang fouetta vivement son cheval et rejoignit bientdt Sou S le moniteur impérial, c Votre serviteur, lui dit-il, a jus* tement une demande à vous faire, et je voulais pour cela me rendre à votre honorable maison.
— Monsieur mon frère aine, lui dit Sou, le moniteur impérial, quelle est cette affaire? pourquoi ne pas m'en informer ici même ?
—Toute autre affaire, répondit Yang, pourrait bien être expliquée en route^ mais pour celle-ci, il faut que j'aille la traiter dans votre honorable demeure. Ainsi le veulent les convenances. «
Ils continuèrent à causer ensemble, et, menant leurs chevaux de front, ils arrivèrent bientôt à la demeure particulière de Sou, le moniteur impérial. Après avoir mis pied à terre, ils entrèrent ensemble dans le salon et s'assirent.
< Monsieur, lui dit Sou, le moniteur impérial, quelle est Paffaire dont vous daignez m'instruire?
— Yoici simplement de quoi il s'agit, répondit Yang. Comme je songe à marier mon fils, je voudrais vous prier de faire les premières ouvertures.