‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 60 sur 148 · Le même que Sou-fang-hoel · texte numérisé non relu

Le même que Sou-fang-hoel

— Uautomne dernier, dil Sou, le moniteur impérial, votre noble fils a obtenu le litre de licencié; comment n^esl-il pas encore marié?

— Cette année, répondit Yang, mon fils a eu vingt ans. L'an dernier, après son heureux succès, plusieurs compatriotes vinrent à Tenvi lui faire des propositions de mariage. Mais il avait résolu de n'épouser qu'une demoiselle vertueuse et d'un talent distingué; voilà pourquoi il a différé jusqu^à ce jour. Avant-hier, comme nous étions tous deux à boire chez le seigneur Pë, le président du bureau des cérémonies, ayant vu que sa fille avait pu composer des vers à la place de son père, j'en ai conclu qu'elle est à la fois vertueuse et douée de talent. Dés que je fus rentré chez moi, j'en informai mon fils, qui en fut fortement épris et conçut le désir de demander une fille aussi vertueuse. Je songe que M. Pé est d'un caractère hautain et arrogant. Si je lui envoyais une autre personne que vous pour lui parler, je craindrais qu*on ne parvint pas à s'entendre, et que l'affaire ne pût être menée à bien. Parmi nos compagnons d'études, je. ne vois que vous, monsieur, qui soyez lié avec lui; et de plus vous m'honorez de votre amitié. Voilà pourquoi j'ose' vous faire cette demande. J'ignore si vous voudrez bien servir mes intérêts.

— Ce mariage^ répondit Sou, le moniteur impérial,

1. Ed chinois :Kan-teoa -tan, «j^ose arec un boisseau de fiel, » c'est- &-dire fose avec une grande hardiesse... Les Chinois regardent la tésicule du fiel comme le siège du courage.

est une fort belle affaire, et je devrais naturellement vous prêter secours, mais le seigneur Pé est d'un cai^actère ferme et droit; c'est ce que vous savez parfaitement. S'il consent à une demande , peu importe de qui elle vienne; il donnera vingt fois' son assentiment; mais s'il s'y refuse, fût-on son ami intime, on aura de la peine à s'entendre avec lui. Le succès de cette affaire dépend uniquement du talent élevé que possède votre fils dans un si jeune ige. H. Pé doit naturellement avoir pour lui une profonde affection; il n'y a pas de raison pour qu'il refuse. Aujourd'hui, il est trop tard, et ce serait lui manquer de respect *. Demain matin, j'irai de suite lui faire part des ordres que vous m'avez donnés. Dès que je saurai s'il consent oa refuse, je viendrai vous rendre compte de ma commission. »

Yang le salua et lui fit mille remerctments. Lorsque Sou eut fini de parler, il se leva et prit congé de lui.

Par suite de cet entrelien, j'aurai bien des détails à raconter. L'un (le père) se dirige tout seul vers la frontière du nord; l'autre (la fille), séparée des siens, entreprend un voyage dans leKiang-nân. Oii peut dire à ce sujet :

Quand notre esprit médite de grands projets, Il déploie cent plaos et mille stratagèmes ; Mais le succès ou Tinsuccës dépendent du ciel. A quoi servent les combinaisons humaines?

i. Mot à mot : mille fois, dix mille fois, il consentira. 2. Sons-eatendu : Que d*aller le solliciter à cette heure.

Maintenant, Sou, le moniteur impérial, est parti pour parler du mariage; on verra en détail dans le chapitre suivant si le père a donné ou refusé son consentement

Page 1