‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 65 sur 148 · Mot à mot : Ne sait pas s'il vivra ou mourra · texte numérisé non relu

Mot à mot : Ne sait pas s'il vivra ou mourra

A. Chef tartare souvent nommé dans l'histoire^ à l'occasion de la captivité de l'empereur Tching-tong. Voyez Mailla, Histoire de là Chine, tomeX, pag. 207-211.

PÉ COiNFIE SA CHARMANTE FILLE. 113

royaume du Milieu avait maintenant un (nouyeau) maître, en toute occasion^ il témoigne un vif regret des malheurs (qu'il nous a causés). Ajoutez à icela que depuis que l'empereur est dans ce pays, le ciel a souvent fait paraître des prodiges extraordinaires ^ ; il n'osera pas le faire mourir. Hier, un envoyé est arrivé du nord pour négocier la paix ; il me semble que (Yé-sien) a des intentions droites et sincères. J'ai été nommé ambassadeur pour aller porter la réponse du gouvernement ; c'est un usage constant chez eux comme chez' nous. Il est bien certain qu'il n'attentera pas aux jours de ton père; mais, après mon départ, toi qui es une jeune fille faible et délicate, comment pourrastu demeurer ici seule ? D'ailleurs, ce vieux coquin de Yang n'a pas renoncé à ses projets. Il ne manquera pas de venir pour t'envelopper dans ses filets : comment pourrais-je avoir l'esprit tranquille ?

— Mon père, dit Hong-yu, lorsque vous serez parti en ambassade par ordre de l'empereur, avec le titre de grand ofiicier de la couronne, si votre famille s'enferme étroitement ici \ quoique Yang soit plein de perfidie et d'astuce, il ne pourra rien faire.

1. Yé-sien, excité par de mauvais conseils, avait conçu le dessein de faire mourir son prisonnier (rempereurTching-tong), mais le jour qu'il avait choisi pour Texécuter, il fit un orage affreux. Son cheval ayant été tué par la foudre, il en fut si intimidé qu'il renença à ce funeste dessein, et redoubla d'attention pour son captif. (Mailla, Htsi, de la Chine, iom, X, pag. 216.)

2. En chinois : /bn^-io, sceller et cadenasser; ici, au passif : ôtre scellé et cadenassé.

— Un homme perfide, dit Pé-kong, a un cœur de lutin et de démon ; pourrait-on juger de sa conduite d'après celle des hommes ordinaires? Si tu restais ici, quand même il ne t'arriverait rien de fâcheux, je ne pourrais m'empêcher d'être cruellement tourmenté. [1 vaut mieux qu'on te remmène. Si tu t'inquiétais de la longueur du voyage, et de la difficulté d'arriver promptement (dans notre pays *), tu pourrais peut-être t'arrêter quelque temps dans le Chan-long, chez ta tanle Lou ; je partirais alors avec l'esprit tranquille.

— Il me serait certainement agréable, dit Hong-yu, de retourner dans notre pays et de rester quelque temps (dans le Ghan-tong), mais pour arriver en ces deux endroits, la route est extrêmement longue, et Ton ne saurait la parcourir d'une enjambée. Ce coquin de Yang est un homme perfide et dangereux. Quand il saura que je m'en retourne dans le midi, n'ayant d'autre compagnie que des servantes et des domestiques, peut-être qu'au milieu de la roule il me suscitera quelque malheur; ce serait encore pis. Quand même j'arriverais saine et sauve dans ma famille, je serais .encore plus éloignée de mon père, et je ne pourrais recevoir de ses nouvelles. Comment voulez- vous que votre fille ait l'esprit tranquille? Suivant mon idée, il vaut mieux fermer cette maison, comme par le passé, et vous borner à dire que vous y avez laissé toute votre famille. Vous me conduiriez en secret chez mon

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