‹ Yu kiao li =: Les deux cousinesChapitre 8 sur 148 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

principale occupation d'une nation savante et policée; et c'est uniquement à la civilisation chinoise qu'ilfaut s'en prendre, si les scènes qu'elle fait naître n'ont pas cette teinte sombre et vigoureuse qui frappe dans les tableaux empruntés à l'histoire des guerres civiles ou des querelles de religion.

« Un autre défaut que les lecteurs, habitués au grand fracas des romans modernes, pourront relever dans celui-ci, c'est son extrême simplicité, ce sont ses formes, pour ainsi dire classiques. Rien de forcé dans l'expression des sentiments, point de complication dans les incidents, nulle recherche dans la combinaison des aventures qui sont telles, pour la plupart, qu'on pourrait croire qu'elles sont véritablement arrivées comme on les raconte. Il n'est question ici, ni de ces vengeances atroces, heureusement assez rares dans le monde, ni de ces actes d'un dévoûment sublime, lesquels n'y sont pas non plus très-communs. On n'y verra ni les rencontres imprévues de l'abbé Prévost, ni les apparitions de madame RadclifTe, ni les oubliettes de Kenilworth. Il ne meurt pas une seule personne dans tout le roman ; et quoiqu'à la conclusion, les personnages vertueux reçoivent leur récompense, les acteurs -vicieux n'y sont point punis : disposition bien contraire à la moralité romanesque, et qui, de la part de l'auteur, est sans doute un sacrifice fait à la vraisemblance. C'est beau--

Page 1